Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 39. (Budapest, 1972)
SZILÁGYI, JEAN-GEORGES: Deux canthares apuliens
n'a pas une importance particulière. Aussi les autres variantes n'ont-elles uneimportance en ce qui concerne l'identification des ateliers ou des potiers que si elles apparaissaient organiquement liées, déterminant ainsi tout le caractère de l'un ou de l'autre vase. Deux exemples suffiront pour prouver qu'une telle analyse détaillée de la forme peut être fructueuse. Dans le Groupe d'Acteur appartenant à l'entourage du peintre de Dareios 29 qui comprend les premiers représentants du type c'est l'anse arquée qui est la plus affectionnée, notamment la forme mentionnée où les deux anses continuant le bas de la vasque constituent un demi-cercle ininterrompu; sur ces mêmes vases l'anse est ornée d'une protubérance conique, le pied est svelte et la base est en disque. 30 Dans ce cas l'identité des ateliers est justifiée par le style de la peinture également; il vaudrait la peine d'examiner les canthares qui, selon leur forme, appartiennent à ce groupe, tel par exemple le canthare de Yale jusqu'à présent non classé, 31 pour savoir si la détermination de l'atelier ou du potier du vase pouvait nous aider à identifier le peintre. L'autre exemple est le type des vases de Budapest. L'anse droite, la petite barre reliant l'anse à la lèvre, la vasque et le même ensemble du pied et de la base très caractéristiques, apparaissent sur d'autres vases également, ainsi sur le vase de New York, sur le canthare mentionné d'Oxford, sur un vase trouvé dans la même tombe que celui de New York, sur un vase de Canosa conservé à Bari et sur des canthares ornés d'une tête féminine. 32 Il est indubitable que les deux variantes ci-haut décrites représentent deux ateliers, et cpie tant la forme du vase que le style de sa peinture indiquent cpie le second est plus récent que le premier. Mais on peut aller encore plus loin. Les systématiseurs du «style orné» n'ont pas manqué d'accentuer (pie la séparation des vases ornés de scènes figurées et de têtes féminines n'avait qu'un but provisoire et pratique ; 33 la recherche future conduira à l'unification, du moins partielle, de ces groupes considérés aujourd'hui comme séparés. C'est à ce point de vue qu'il faut attribuer une importance au fait que les canthares ornés de têtes féminines, caractérisés ci-haut comme les représentants de la variante identique à celle des vases de Budapest, c'est à dire fabriquées sans doute dans le même atelier, appartiennent toutes au Groupe des Canthares. Ce fait étayela datation des deux vases récemment publiés des dernières décennies du IV e siècle, et fournit un nouvel argument pour justifier que l'atelier en question où avait travaillé le peintre des vases de Budapest et où furent fabriquées aussi les vases du Groupe des Canthares, se trouvait à Canosa. 34 C'est cette constatation que confirme le fait qu'outre le site de Canosa d'une grande partie des vases appartenant au Groupe des Canthares, aussi les canthares ci-haut mentionnés de Bari, de New York et trois autres trouvés avec ce dernier, proviennent également de Canosa. Il semble en plus que le type de canthare ici étu29 Voir ci-haut note 19. 30 Deux exemplaires publiés: Rom. Mitl . 69 ( 1 9(>2) pl. 11,1 et Sichler m a n n, H. : op. cit. (ci-haut note 4), pl. 143, K 88. :il B a u r, P. V. C. : Catal. Stoddard Coll., pl. 168, fig. 71, n° 261. 32 O 1 i v er, A.: op. cit., pl. 5, 3-4 et pl. 6, 3; Köm. Mitt. 29 (1914) p. 94, fig. 2,3. Avec tête féminine par ex. CVA Bruxelles 2, IV D b, pl. 7,3; CVA Braunschweig pl. 42,5; CVA Karlsruhe 2, pl. 72, 6 et 7; CVA Stuttgart 1, pl. 50, 3 et 4; CVA Milano 1, IV D, pl. Il, 4; CVA Parma 2, IV D, pl. 8, 2-5 (avec pied à quatre degrés). 33 T r e n d a 11 - C a m b i t o g 1 u — Oliver: op. cit., p. 348. 34 T r e n d a 11 — C a m b i t o g 1 u — Oliver: op. cit., p. 348, signalent que les vases apuliens tardifs de petit format — auxquels appartient aussi le groupe des canthares de Budapest — durent être fabriqués pour la plupart à Canosa. Ils soulèvent ibid. qu'une partie de ces vases dut être décorée par les mêmes peintres qui ont peint les vases à têtes féminines, entre autres aussi ceux du Groupe des Canthares.