Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 37. (Budapest, 1971)

DORIVAL, BERNARD: Essai d'identification d'un portrait d'inconnu par Philippe de Champaigne

ESSAI D'IDENTIFICATION D'UN PORTRAIT D'INCONNU PAR PHILIPPE DE CHAMPAIGNE Le Musée des Beaux-Arts de Budapest possède un portrait d'homme 1 portant dans sa partie inférieure droite la signature et la date, tracées en capitales: Philippus de Champaigne faciebat a° 1654 (fig. 33). Que cette signature soit authentique et que cette oeuvre soit bien de ce maître, c'est ce qu'établissent, si je ne me trompe, trois faits. Le premier est la présentation du modèle derrière une espèce de balu­strade ou de rebord de fenêtre, présentation que Philippe de Champaigne avait héri­tée de la peinture flamande et de la peinture française- du XV e siècle par l'intermé­diaire de la gravure des Pays-Bas du XVI e et du début du XVII e siècle. 3 De nom­breux portraits de sa main prouvent qu'il affectionnait beaucoup cette disposition qui, en établissant une distance entre le spectateur et le personnage représenté, con­fère à ce personnage cette dignité, cette noblesse même, que le peintre recherchait, Parmi ces nombreux portraits, signalons seulement, à titre d'exemple, celui de l'architecte Jacques Lemercier au Musée de Versailles (1644), celui, peint vers 1040, de Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, au Musée de Grenoble, dont il existe de nombreuses répliques avec variantes, en particulier à celui de Budapest, celui de Valleron de Perrochel (1047) au Museum of Fine Arts de Boston, dont une réplique, appartenant à une collection particulière française, a été présentée à l'exposition Philippe de Champaigne organisée en 1952 à l'Orangerie des Tuileries à Paris (n° 25 du catalogue); celui de la Mère Angélique Arnauld (1048) du Musée Condé de Chantilly, dont des répliques avec variantes se rencontrent dans divers musées, en particulier dans celui de Versailles; celui d'un inconnu, daté de 1(550, au Musée royal des Beaux-Arts de Bruxelles: et le pins beau de tous, celui, dit à tort, d'Arnauld d'Andilly (1650) au Louvre, dont on connaît également des répliques dans diverses collections privées. La seconde preuve qui montre bien que le portrait du Musée de Budapest est de Philippe de Champaigne, c'est l'extrême sobriété de la mise en page, l'art avec lequel le maître a uns en valeur le modèle en tendant derrière lui un rideau qui fait écran, la maîtrise, enfin, dont il a fait preuve, en concentrant en haut et en bas de son tableau les zones claires, selon un procédé qui lui est habituel. Que l'on pense 1 P i g 1 e r, A.: Katalog der Galerie Alter Meister. Budapest, 1967, I, p. 135- 136; II, planche 381. N° d'inv. 727, huile sur toile, 92,5x 75,5 cm. - Cf. par exemple, le Portrait de vieille femme de Memling au Louvre et le Portrait d'I loin me, daté de 1456, de la collection Liechtenstein. 3 On le trouve fréquemment dans les portraits gravés par Cornelis Cort, par ex. dans ceux de Paul V (1603), Rodolphe II ( 1603), Trautmansdorf ( 1 617), Buquoy (1621), etc . . . etc . . . (Cabinet des Ksiampes de la Bibliothèque Nationale de Paris Ec 34 B Folio p. 48, 39, 55, 52) ainsi que dans de nombreuses planches reproduites dans F. W. H. H o 1 1 s t e i n: Dutch and Flemish Etchings, Paigravings and Woodcuts 1450— 1700. Amsterdam, s. d. 10 volumes, par exemple t. V, p. 37 (Portrait d'Alardus d'Amsterdam par Jacob Cornelisz van Oostsanen, 1523), p. 184 (Portrait de Petrus Moraeus par Willem Jacobsz Delft), t. VII, p. 150 et 151 (Portraits de Tycho Brahe par-L De Gheyn II, 1586), etc . . . etc . . .

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