Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 32-33. (Budapest, 1969)
URBACH, SUZANNE: La copie du «Jardin des Délices» de Jérôme Bosch au Musée des Beaux-Arts
copies aient été exécutées non d'après l'original, mais d'après un exemplaire quelque peu plus petit que l'original, et qu'entre les copies il y ait été une connexion. Cette supposition peut être étayée non seulement par les dimensions identiques, mais aussi par les mêmes différences entre les motifs. Ce sont les mêmes différences qu'on observe sur l'exemplaire de Paris et sur celui de la collection Cardon, ainsi que sur la tapisserie. Pour en citer quelques-unes: les contours des forêts plus durs, le dessin plus maladroit de la forêt derrière l'homme sortant des arbres de droite, l'attitude de l'homme couché, le poisson sous la tente essayant d'attraper, au lieu de la cerise, le corail, le dessin de l'hibou, la fleur devant l'homme agenouillé dans le plan central sous une grande feuille. Mais l'exemplaire de Paris montre aussi des différences stylistiques qui sont essentielles. Les figures et les visages manquent de la transparence et de la fraîcheur de l'original boschien, les visages ne sont pas égayés du sourir naïf caractéristique des figures de Bosch. La peinture des deux hommes agenouillés à l'avant-plan est plus vigoureuse, et le style du dessin intérieur et le modelé plastique des corps indiquent une époque plus récente (fig. 37 et 42). Les visages ne reflètent pas les expressions des visages de l'original dont même le fragment de Budapest conserve davantage (fig. 40). Cette manière plus grave dénote un maître qui a bien connu la technique des peintres du XV e siècle, mais qui a travaillé au milieu du XVI e siècle. Elle pourrait correspondre à l'oeuvre de Coxcie qui s'était établi à Bruxelles après 1534, et avait copié entre 1557 et 1559 l'autel de Gand. Pour terminer, nous noterons que dans les réserves de l'Ermitage de Leningrad se trouve une copie du «Jardin des Délices» qui, d'après la photographie, semble une faible copie du XVII e siècle. 36 Ainsi la confrontation des copies et de la tapisserie permet d'en tirer deux conclusions : 1. La chronologie des copies peut être reconstituée de la façon suivante: le plus proche de l'original et la plus ancienne des copies connues est l'exemplaire de Budapest. Malgré son état détérioré on y observe bien que dans la peinture des visages et des corps son maître a conservé la technique et le style de Bosch. Il ne reflète pas les marques du style de la peinture romaniste. C'est après cette copie que furent exécutés l'exemplaire de Paris, puis celui de la collection Cardon, et après le milieu du XVI e siècle les tapisseries, puis en dernier l'exemplaire de l'Ermitage. 2. La différence entre les dimensions des copies et celles de l'original ainsi que les mêmes divergeances des motifs permettent de présumer que ce ne soit pas d'après l'original du Prado que les copies furent peintes, mais d'après une réplique. Ce sont le mêmes différences qu'on observe sur toutes les copies: le corail, l'hibou, la scène dans la forêt de droite, la fleur devant l'homme agenouillé dans le plan central, etc. En même temps les personnages marchant sur les mains diffèrent de ceux de l'original, et, sur certaines copies, aussi les uns des autres. Nous nous permettons de supposer que la première copie un peu plus petite, faite d'après l'original, ait été l'exemplaire de Budapest imitant le panneau, et que ce soit celui-ci qui dut être copié plus tard par le maître du tableau de Paris et par 36 xp> (J'i nv _ 4244. Il ne figure pas dans le catalogue édité en 1958. Sa photo se trouve dans la photothèque du RKD, La Haye. — Tolnay, Ch. de: op. cit., p. 363, cite encore une copie (?) qui, en 1921, appartenait à W.M. Newton.