Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 32-33. (Budapest, 1969)

LEVÁRDY, FRANÇOIS: Abraham et les trois anges

1091 et représentant la messe de Saint Gilles. La composition inscrite dans un champ demi-circulaire est là aussi encadrée d'une bordure aux rinceaux. La partie figurée de la sculpture de Somogyvár est bien plus rudimentaire, par contre ses détails ornementaux dénotent un maître qui, semblablement à celui de Kalocsa, était bien versé dans la sculpture décorative. Nous devons regarder le relief de So­mogyvár comme le travail d'un maître de l'Italie Septentrionale ; sa manière et son modelage montrent des attaches avec Vérone et Pavie. Nous estimons probable que le couvent de Somogyvár et son église — un don du roi Ladislas — aient attendu déjà tout fait les Bénédictins français de Saint-Gilles. Par contre les détail figuré de la sculpture de Kalocsa témoigne du fait que les attaches avec l'Italie commen­çant à la fin du XI e siècle lors des constructions du roi Ladislas, n'ont pas été in­terrompues, et que dans la première moitié du XII e siècle le travail des nouveaux artisans plus habiles ont enrichi les décors plastiques des constructions royales. L'activité de l'école de Plaisance s'épanouissant grâce à Niccolô (l'élève de Willigelmus) a déterminé pour un temps assez long l'évolution plastique de l'Italie Septentrionale. Les sculptures de l'intérieur de la cathédrale de Plaisance et de l'extérieur de son abside furent exécutées dans les années 1120. Leur caractéristique principale est la qualité plus faible, le manque de marques distinctes de la person­nalité artistique; leur modelé est lourd, les draperies sont confuses. Les trois anges apparaissant à Abraham, sur le deuxième chapiteau de droite du choeur, sont, avec leurs figures trapues, leurs visages manquant de vie, et avec leurs robes sommaire­ment marquées, incontestablement les oeuvres d'un élève de Niccolô dont le niveau artistique était bien au-dessous de celui de son maître. 18 Les figures du relief de Kalocsa ont dépassé cette période stylistique et repré­sentent un niveau artistique plus élevé. Nous devons modifier la constatation de Gerevich : ce n'est pas la répercussion de Toulouse et de Moissac qu'on y sent mais, dans une certaine mesure, l'influence du sculpteur d'Angoulème qui a continué le style antiquisant du maître de Saint-Gilles. 19 Mais, alors que les initiatives de Saint­Gilles pleines de réminiscences antiques se sont, en France, dirigées vers un tracé rationnel, vers les compositions coordonnant les figures logiquement isolées, les continuateurs espagnols des initiatives de Saint-Gilles ont insisté sur la surface entière, sur son caractère de relief. Le portail occidental de Ripoll (second tiers du XII e siècle) présente nettement cette variante de l'évolution. 20 Les niches de Saint­Gilles limitées par des pilastres angulaires sont remplacées d'une rangée d'arcades scandée de colonnes, et à la place de l'articulation antique c'est la surface qui ob­tiendra un ornement décoratif. On rencontre des efforts similaires dans l'évolution plastique de la Lombardié également. Même si on ne pouvait prendre les formes rudimentaires de la première moitié du XII e siècle pour les antécédents immédiats de l'épanouissement de l'art de Modène, de Fidenza (Borgo San Donnino) et de Parme absorbant aussi les influences provençales, 21 il faut reconnaître qu'à côté de 18 Francovieh, G.: Benedetto Antelarni architetto e scultore e Parte del suo tempo. Milano-Firenze, 1952, I, pp. 17— 18. 19 H a m a n n, R. : Die Abteikirche von St. Gilles und ihre künstlerische Nach­folge. Berlin, 1951, pp. HO, 121-122. 20 Hamann: op. cit., pp. 289-391. "Krautheimer - Hess, Tr. : Die figurale Plastik der Ostlombardei von 1100—1178. Marburger Jahrbuch für Kunstwissenschaft. IV/ 1928. - Hamann: op cit., pp. 392 et suiv. — F r a n c o vi ch: op. cit., pp. 45 — 47.

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