Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 30. (Budapest,1967)
HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Compositions de nus et leurs modeles
COMPOSITIONS DE NUS ET LEURS MODÈLES ÉTUDES SUR LA CONCEPTION DE LA NATURE ET SUR LA REPRÉSENTATION DE LA FIGURE HUMAINE DANS LA PEINTURE DES MANIÉRISTES NORDIQUES La naissance d'une nouvelle ère se manifeste non seulement dans le changement de l'expression artistique, mais aussi dans les exemples que les écrivains d'art proposent aux artistes de suivre, et dans les déclarations qu'ils font sur les principes de l'art des diverses époques passées. Leon Battista Alberti, en rattachant la représentation de la nature à la sélection de ses plus beaux détails, et en qualifiant de fous les peintres qui veulent représenter seulement leurs propres idées et non le monde qu'ils voient et observent, a exprimé son effort de retourner à l'harmonie et à la clarté de la Renaissance, de rendre la nature avec plus ou moins de fidélité. 1 Léonard rédigea cette même formule de façon que le peintre doit puiser à l'étude de la nature et à sa propre imagination.Plus les artistes s'approchaient du milieu du XVI e siècle, plus ils soulignèrent, tant dans leurs oeuvres que dans leurs écrits théoriques et leurs déclarations, le rôle de l'invention, tout en insistant sur la représentation fidèle de la nature. A l'époque de la Renaissance classique l'importance de l'invention dans la création d'art se manifeste non dans la négation des principes jusque-là en vigueur, mais dans le perfectionnement — plus tard dans la déformation — de la conception qui dans son état d'enveloppement, est déjà présente. C'est vers 1540 que dut naître le poème de Michel-Ange dans lequel il dit que c'est la beauté (idéale) qui est le miroir et le guide de ses «deux arts». 3 Alors que Léonard met le peintre en garde contre l'abandon de la nature, car l'imagination ne peut jamais être aussi parfaite que l'oeil qui observe, 4 les théoriciens du cinquecento accordent de plus en plus de place à l'imagination. Lomazzo écrit déjà clairement 5 que l'artiste 1 Leone Battista A 1 b e r t i 's kleinere Kunsttheoretische Schriften. Im Originaltext herausgegeben, übersetzt . . . von Dr. B. Janitschek. Wien, 1877. «Et di tutte le parti Ii piaceva non solo renderne similitudine, ma più adgiugnervi bellezza ; pero che nella pictura la vaghezza non meno è grata che richiesta. »...«,.. si vuole fuggire quella consuetudine d'alcuni sciocchi, i quali presuntuosi di suo ingegnio, senza avère essemplo alcuno dalla natura quale con occhi o mente seguano, studiano da se ad se acquistare Iode di dipigniere.» p. 151. 2 L i o n a r d o da Vinci: Das Buch von der Malerei. Herausgegeben, übersetzt und erläutert von H. Ludwig. Wien, 1882, I — II. «Quello maestro, il quale si desse d'intendere, di potere risseruare in se tutte le forme e Ii effetti délia natura, certo mi parebbe che quello fussi ornato di moltaignorantia; con ciosia cosa che detti effetti son' infiniti e la memoria nostra non è di tanta capacità, che basti.» I, p. 76. 3 «Per fido esemplo alla mi a vocazione Nel parto mi fu data la bellezza Che d'ambo Parti m'è lucera e specchio.» Le Rime di Michelangelo Buonarotti (ed. C. Guasti). Firenze, 1863, p. 32. 4 «Non uede l'immaginatione cotai eccelentia, quai uede l'occhio. ..» Ibid. I, p. 22. 5 L o m a z z o, G. P. : Trattato dell'Arte délia Pittura diviso in VII. Libri. .. Milano, 1587. Citation tirée de l'édition de Rome, de l'année 1844. A un endroit «nascondere le imperfezioni naturali con Parte» (II, p. 370), ailleurs, en parlant, d'après Alberti, du peintre (antique?) Demetrius : «... l'antico pittor Demetrio che fu piu curioso di rappresentar la simiglianza, che la bellezza» (II./p. 371) c'est encore l'opinion du Quattrocento qu'il adopte. 4 Bulletin 30 49