Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 22. (Budapest 1963)

KATONA, EMERIC: La Prédication de Saint Jean-Baptiste de Bruegel

de Bruegel n'est qu'apparente et qu'il se trouve plutôt en relations subordonnée avec sa simplicité naturelle et la pureté de son objectif. Mais nous pouvons être de l'avis de Stechow à savoir que les éléments primor­diaux de l'art de Bruegel sont la foi, la tradition et la détermination de l'apparte­nance sociale. Mais on ne peut examiner ces composants isolément, séparément l'un de l'autre ; dans l'art de Bruegel, il faut considérer leur cohérence, leur unité. Par sa foi, ses traditions et son attitude sociale, Bruegel ne refoule pas, n'assujettit pas les hommes qu'il représente, au contraire, les enseignements religieux qu'il adopte lui donnent le moyen de leur faire obtenir le royaume de Dieu, qui, ici, n'est pas seulement spirituel mais aussi représente une possibilité, une perspective sociale concrète. A l'encontre des mouvements de la Réformation et tout d'abord des en­seignements du calvinisme et zwinglianisme sur la prédestination, qui considèrent métaphysiquement le sort de l'individu, l'état social et qui les conservent, le Baptiste de Bruegel les fait participer à la rémission des péchés et en fait des membres de la société nouvelle, qui, par conviction et de leur propre chef, assument la trans­mission nécessaire : le baptême. Les personnages de Bruegel sont beaucoup plus affranchis, leur liberté de mou­vement et d'action est beaucoup moins limitée que celle des fidèles des religions de la prédestination et leur voie mène aux objectifs sociaux libérant du féodalisme. Donc précisément à cause des composants mentionnés les figures de Bruegel sont du caractère de la Renaissance même si l'artiste les représente le plus souvent dans l'état de contrition volontairement subie, de la pénitence, de la souffrance extéri­eure et intérieure, donc de la manière caractéristique du gothique. A la vérité, les personnages de Bruegel sont animés par les problèmes sociaux présentés sous l'aspect religieux. Certains profanent injustement ses figures pour faire ressortir de cette manière le caractère renaissance de son art. Mais nous ne pouvons apprendre le réalisme de Bruegel, qu'en exposant les rapports entre les idées religieuses, qu'il avait adoptées et qu'il exprimait dans ses oeuvres, et la réalité de l'histoire sociale de son époque. La figure de Thomas Armenteros peinte au premier plan du tableau, qui se fait prédire l'avenir par un tzigane regardant dans sa main éclaire ces rapports. En 1564, après l'éviction de Granvella, Thomas Armenteros devint le conseiller de Marguerite de Parme qui gouvernait les Pays-Bas ; ce fut un des politiciens qui personnifièrent la puissance tyrannique et l'influence étrangère. Bruegel exprime sa haine et son mépris en le représentant détourné du Baptiste et prêtant l'oreille aux prédictions du tzigane, duquel il voudrait savoir son avenir. Il est compréhen­sible, qu'au début du XVII e siècle, donc à l'époque qui suivit la répression de la guerre d'indépendance, les copies du tableau supprimaient tendancieusement ce personnage représenté à une place principale du tableau original. 78 La peinture date de 1566, une des années les plus critiques du premier tournant des guerres d'indépendance des Pays-Bas. L'été de cette année là, il sembla que le chef de la résistance Guillaume d'Orange réussirait enfin à gagner les couches hési­tantes de la noblesse, et à mobiliser de larges masses pour l'action unifiée. Mais l'impatience des prédicateurs calvinistes qui mobilisaient tout d'abord les couches de serfs et de plébéiens ne permit pas de réaliser le ralliement des forces et l'action unifiée contre l'ennemi commun. Le rapprochement des classes et des couches et leur activité sociale étaient paralysés par les enseignements du calvinisme sur la prédestination. Par contre, l'anabaptisme survenu comme réaction des enseignements 78 Auner, M. : op. cit. p. 116.

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