Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 5. (Budapest, 1954)

CASTIGLIONE, LADISLAS: Un nouveau fragment du groupe des trois Charités

brés du II e sicèle. 42 A défaut des points d'appui offerts par la tête, le socle et l'appui, il n'est pas facile d'identifier exactement la date de son origine. Or, le style, sa vue d'ensemble et ses analogies avec l'exemplaire de Sienne indi­quent que nous avons affaire à une réplique qui a dû se conformer fidèle­ment à l'original et n'était pas éloigné de celui-ci dans le temps non plus. Il est peut être le produit de l'art hellénistique tardif ou bien de l'art de la haute époque impériale. Le torse de Budapest complète heureusement l'image que nous nous avons crée de l'original. Il nous met en garde contre l'opinion de nous imaginer le groupe — d'après les exemplaires duII e siècle —-comme une oeuvre classicisante et éclectique. Le torse montre que même dans l'exécution des détails, il n'est pas resté en arrière de la qualité parfaite de la composition originale qui conserva son effet pendant plusieurs milliers d'années. 43 Le rythme des lignes a été bâti sur les lignes finement arquées des figures. L'apparence sensuelle de la composition 44 a marié la sensualité du modelé des détails. Tout ceci n'est cependant pas le propre du classicisme et dépasse le style rigoureusement modéré du groupe de Sienne. Il est impossible de considérer le groupe des trois Charités comme le produit de la tendance qui a créé les groupes lâches de Pasiteles et le style éclectique, classicisant et archaïsant des détails. Il est plus juste de le considérer comme le produit de l'hellénisme tardif de l'Asie Mineure. Le trait caractéristique de l'art de l'Asie Mineure à l'époque de l'hellénisme tardif et particulièrement de l'école de Rhodes, est la manière décorative et la composition bâtie sur une seule vue, manière qui menait souvent à la conception sculpturale des peintures. 45 Cette suppo­sition met les traits de parenté entre le torse de Budapest et l'Aphrodite de Cyrène sous un autre jour. Tandis que le rapport entre l'Aphrodite et le petit groupe de Cyrène semble être dû au rapport entre les produits éminents et faibles du même atelier de copistes, le torse de Budapest est peut être appa­renté avec le modèle de la déesse de Cyrène. Les deux statues sont liées par les 42 Le membre médian du grand groupe de Cyrène (Becatti: fig. 1.) est serré à celui de droite, tandis que sa tête se détourne complètement. L'attitude des figures est molle et un peu maladroite. Dans le petit groupe de Cyrène (Becatti: fig. 2.) l'élément vertical supprime le rythme des lignes qui se fait valoir dans le torse de Budapest en forme de S. Contrairement à la composition originale la figure médiane pose sa main sur l'épaule de sa compagne de gauche. Le groupe retombe en statues individuelles. L'exemplaire d'Iseum de Cyrène (Becatti, Fig. 3.) est complète­ment transformé : les deux figures extrêmes ont le geste de l'Aphrodite pudique, et la position des mains est analogue à celle du petit groupe de Cyrène. Les formes larges de femme mûre du groupe du Vatican (Becatti, Pl. II) sont extrêmement lourdes par rapport à l'élégance subtile du torse de Budapest. Dans l'exemplaire de Paris (Becatti, Pl. IV) les deux figures de droite sont serrées l'une à l'autre, semblablement au grand groupe de Cyrène. 43 Sur la survivance v. les études de Deonna et de Becatti. 44 Klein : Vom ant. Rok. pp. 92 et sqq. — Le groupe met en montre de manière raffinée les beautés du corps féminin (Becatti p. 50). Curtius (pp. 53—54) caractérise par des paroles bien trouvées le trait sensuel de l'Aphrodite de Cyrène. A cet égard, le groupe est appa­renté avec l'Hermaphrodite couchée, l'Aphrodite et le Pan de Délos, ainsi qu'avec l'Aphrodite Kallipygos, ouvres hellénistiques tardives. Lullies (p. 52) établit même une liaison du style entre l'Aphrodite Kallipygos et le groupe des trois Charités. 45 V. la note 11. Le caractère fort décoratif des oeuvres de cette tendance est dû à la fronta­lité et à la composition picturale : L i p p o 1 d : Kopien, p. 165. Becatti: Arte e gusto negli serittori Latini (1951), p. 32. Becatti: op. cit. p. 49. Il n'est pas fortuit que le groupe des Charités était, à l'époque impériale, destiné en premier lieu à la décoration. Deux des groupes de Charités de Cyrène furent retrouvés dans les thermes, érigés comme pendants. Les groupes où on voit de part et d'autre des vases avec un voile jeté sur ceux-ci, étaient probablement eux aussi destinés à décorer les thermes: Vatican, Louvre. Cf. l'epigramme grec dans l'Anthologie Pal. IX, 616.

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