Hedvig Győry: Mélanges offerts a Edith Varga „Le lotus qui sort de terre” (Bulletin du Musée Hongrois des Beaux-Arts Supplément 1. Budapest, 2001)
NADINE GUILHOU: Des ronds dans l'eau :... rapports a l'espace et au temps
au moment où a lieu le combat entre les forces de la lumière et les forces des ténèbres, image métaphorique du bien et du mal (on retrouve là l'image de la magie hekaou donnée aux hommes comme « bouclier » chez Mérikarê), et point d'équilibre entre le positif et le négatif. On ne s'étonnera pas qu'à ce moment, qui reproduit quotidiennement celui de la création, quand est apparue, pour la première fois, la différenciation ayant pour corollaire l'existence du temps, soit présent Heka, manifestation de la divinité (son ha) chargée de la protéger. En d'autres termes, Heka est lié à l'émergence de la lumière et l'est aussi, comme l'avait défini J. F. Borghouts, aux kheperou, les manifestations de la divinité - d'où, précisément, son utilisation dans le domaine d'intervention d'Isis dans le mythe d'Horus et Seth : elle ne fait qu'y changer d'apparence, si l'on peut employer une telle tournure réductrice. Car passant, et dans cet ordre, de la vieille femme à la belle jeune fille, que faitelle, sinon remonter le temps et en inverser le cours ? Tandis que Hekaou est du domaine de l'apparence, Akhou est du domaine de l'essence, principe premier et fondateur, comme il apparaît dans les Textes des sarcophages : « (Car) je suis le principe de vie, maître des années, vie de l'éternité neheh et maître de la durée djet, qu'Atoum l'Ancien a suscité de sa magie akhou, quand il a mis au monde Chou et Tefnout, quand il était seul et qu'il devint trois, quand il a séparé Geb de Nout, quand n'avait pas encore été enfanté le premier corps, quand n'était pas encore venue à l'existence l'Ennéade primordiale - ils étaient encore avec moi dans son nez » (chapitre 80) 1 . Il est donc bien à l'origine des émanations de la divinité, de ses hypostases 8 , et c'est en ce sens qu'il est lié au secret de la nuit g . Il est cependant étroitement lié à la lumière, comme le montre bien la graphie dans le Livre de la Vache céleste, avec déterminatif du disque rayonnant /i\ . Est akh, c'est-à-dire lumineux, dans le domaine funéraire, celui qui, au terme de sa traversée de la nuit (la mort et le parcours de réanimation qui lui succède) reçoit enfin la lumière l0 , devenant lui* « Rê » est ici une apposition, comme le montrent la présence du suffixe 1 e personne et l'absence de génitif indirect, presque de règle après les parties du corps. ' Cm, 39 b-h. " Voir la définition de J.F Borghouts rappelée ci-dessus. 9 Car du domaine de ce qui est caché, voilé. Voir exemples 15 et 16 de J, F. Borghouts. '" Osiris glorifié par Thot « qui a été instruit (=éclairé) dans le disque », selon la formulation du chapitre 50 de Textes des sarcophages (CT I, 231e-h) où le mort, s'identifiant à Thot. déclare : « Je suis Thot, le fils de ton fils, la semence de la semence. J'ai été instruit dans le disque, afin de te rendre glorieux et de renverser tes ennemis ». Dans les Textes des Pyramides, le mort est akh après son passage dans l'horizon, akhet, toujours écrit, dans ce corpus, à l'aide de ['Ibis comata.