Antall József szerk.: Historia pharmaceutica / Orvostörténeti Közlemények – Supplementum 9-10. (Budapest, 1977)
TANULMÁNYOK - De Marco, Ottilia—Nebbia, Giorgio: A gyógyszerhamisítások és gyógyszercsalások történetéből (francia nyelven)
22 Comm. Hist. Art is Med. Suppl. 9—10 (1977) C'était le muhtasib qui dirigeait Yhisba, il était nőmmé par le calife ou par son wazir. Les hommes qui étaient proposés pour cette charge dévaién déjá avoir une position sociale importante et dévaién étre musulmans et libres [13]; Behrnauer [5] rappelle que, généralement, ils étaient choisis parmi les hommes de loi, les plus capables de remplir cette táche, étant donné le caractére particulier des inspections qu'ils dévaién effectuer. Sous un certain aspect la fonction du muhtasib était parallele á çeile du juge (qadi), mais la juridiction du muhtasib se limitait aux questions á caractére commercial, aux poids et mesures défectueux, aux fraudes dans le commerce et aux dettes non payées. Mais méme dans çes cas, le muhtasib ne pouvait condamner que lorsque le délit était certain et qu'il n'y avait pas besoin de procés. Al-Mäwardi [14—16] çőñsidére Yhisba comme une charge entre çeile du juge et du diwän al-Mazälim, une Cour compétente pour Taction de ł'Etat contre les injustices. Le muhtasib recevait un salaire qui dépendait du trésor public; al Mäwardi [15] et al-MaqrizI [17, 18] rappe leñt que ce salaire pouvait arriver ä 30 dinhar [19] par mois, une somme correspondant á environ 600 000 Lires Italiennes actuelles, comme poids équivalent en or, mais avec un pouvoir d 'achat nettement supérieur. Le muhtasib pouvait choisir des collaborateurs (a ' wan) qui étaient eux aussi payés sur les fonds du trésor public; ils avaient en général des täches particuliéres pour lesquelles il étaient compétents et dont ils dévaién rendre compte chaque jour au muhtasib. C'est pourquoi, parfois, ces collaborateurs étaient choisis parmi les marchands ou les membres mémes des professions libérales et ils dévaién s'occuper de l'observance de la morale de leur propre catégorie, un peu ce qui se faisait dans les corporations médiévales [21] et ce qui se passe aujour-d'hui dans les ordres des différentes professions. La littérature arabé nous donne un certain nombre d'informations sur ce que représenta le muhtasib au cours des siécles. Le bio-bibliographe musulman Häjji Khalfa [22, 23] affirme que le calife 'Umar ibn al-Khattäb (634—644) fut le premier qui comprit l'importance éthique et religieuse de ce contrőle et qui l'exerça dans la ville de Médine. Toutefois la société musulmane de cette époque était encore assez simple et il ne résulte pas que le bureau de Yhisba ait été organisé a Médine ou á Damas pendant au moins un siécle et demi sous la forme qu'il prit plus tard. A Baghdad, la nouvelle capitale abbasside, un muhtasib fut nőmmé a la fin du VlIIéme siécle et dans les premieres années du IXéme siécle fonctionnaient déja réguliérement les contrőles publics sur l'hygiéne urbaine et sur l'hygiéne de l'armée [24]. Au Xéme siécle Yhisba existait en Egypte [25] et dans l'Espagne musulmane; d'ailleurs le mot espagnol moderne almotacén dérive du terme muhtasib. Le premier muhtasib nőmmé par un calife dans l'Espagne musulmane et dont nous connaissons l'existence, fut le grand médecin Ahmad ibn Yunis al-Harraní, qui exerça la profession a Cordoue vers 970. Cette institution était te lemeñt enracinée que le service public de répression des fraudes continua dans l'Espagne chrétienne aprés le XlIIéme siécle [26]. Le matériel disponible sur Yhisba et sur les fonctions du muhtasib est important pour l'historiographie des produits pharmaceutiques et commerciaux, de leurs fraudes et des méthodes pour les déceler: nous avons en fait de nombreux „manuels" utilisé par le muhtasib et qui contenaient des instructions et des indications sur les contrőles