Varga Benedek szerk.: Orvostörténeti közlemények 145-146. (Budapest, 1994)

KISEBB KÖZLEMÉNYEK - STUDIES, LECTURES - Le Calloc'h, Bernard: Se peut-il qu'Alexandre Csoma de Kőrös soit mort d'une encephalite?

D une part, la fièvre et la céphalée, des éléments de diagnostic si communs qu'on peut dire qu'ils sont ceux de la quasi totalité des mala­dies. Il est donc impossible d'en tirer quelque conclusion que ce soit. D'autre part, le trouble du langage et la déficience intellectuelle, autant de signes qui montrent surtout que Csoma de Kőrös a eu one forte fièvre les 9 et 10 avril, mais rien de plus. Peut-on sur des bases aussi imprécises établir un véritable diagnostic ? Certainement non. Et cela d'autant moins que, comme nous l'avons vu, Campbell fait par ailleurs état de symptômes carrément incompatibles avec l'encéphalite ou la méningite. Si maintenant nous voulons désigner l'agent pathogène responsable de la maladie dont est mort Ale­xandre Csoma de Kőrös, nous ne devons pas perdre de vue qu'en son temps la plupart des médecins croyaient encore à la génération spontanée. La pathologie telle qu'on la connaît de nos jours était dans l'enfance. La bactériologie n'existait pas. La notion même de microbe, de bactérie, était inconnue. Elle apparaîtra pour la première fois dans l'histoire de la médecine dix ans après la mort de Csoma, avec les premiers travaux de Davaine et Royer, mais bien plutôt vingt cinq ans plus tard, avec les découvertes de Louis Pasteur. On ne peut donc souhaiter découvrir dans le rapport de Campbell une description qui ferait état d'un agent pathogène. Souvenons nous aussi que l'encéphalite et la méningite sont souvent les corollaires d'autres maladies telles que les oreillons, l'herpès, ou l'érésipèle, par exemple. Son rapport demeure donc muet à cet égard et nous devons en prendre notre parti. Quand les méde­cins de Calcutta évoquent une encéphalite virale ou bactérielle, ils commettent un anachronisme. Ni les bactéries ni les virus ne peuvent être invoqués en 1842. Il serait absolument vain de parler de streptoco­que, de méningocoque, ou de tout autre agent pathogène, les médecins de l'époque n'en avaient aucune idée. Rappelons nous que c'est seulement à la fin du siècle que seront découverts les agents des grandes maladies comme la tuberculose (en 1882), le choléra (en 1883), la typhoïde (en 1884), la peste (en 1886). Quant à l'existence effective des virus, elle n'interviendra que quatre-vingt-dix ans plus tard, quand il sera enfin possible de la démontrer scientifiquement. Il est vrai que dans son commentaire M. Pierre Marczell fait allusion à ,,un arbovirus de catégorie B répandu par des moustiques". Mais il oublie que jusqu'au début d'avril il n'y a pas de moustiques vecteurs de maladies contagieuses dans le plaine gangétique, ni même dans la zone insalubre du Teraï, comme j'ai déjà eu l'occasion de le démontrer dans une étude publiée par les Orvostörténeti Közlemé­nyek en 1989-90, pages 5 à 32. C'est bien pourquoi je dis que l'hypothèse avancée par les médecins de Calcutta et M. Marczell ne me parait pas fondée. Si pourtant nous acceptons un instant cette thèse, il nous faut encore faire les cinq remarques sui­vantes: 1) A cette époque, en 1842, l'encéphalite à arbovirus B n'existait pas en Inde. Elle ne faisait de ravages que dans la partie la plus orientale de l'Asie, et singulièrement dans l'archipel japonais, ainsi que l'ont établi les historiens japonais de la médecine. 2) Cette maladie ne frappe pratiquement que des enfants, et jamais les grandes personnes. 3) Elle n'apparaît qu'au coeur de l'été, au moment où régnent les plus fortes chaleurs. 4) Encore faut-il pour cela qu'une sécheresse intense s'installe longuement et durablement. 5) Cette encéphalite à arbovirus B est en réalité une cérebellite, car elle attaque surtout le cervelet. Au demeurant, on ne peut avoir que la même opinion négative au vu de la thérapeutique préconisée. Au milieu du siècle dernier, à l'époque où meurt Alexandre Csoma de Kőrös, les médecines étaient in­capables de traiter convenablement l'encéphalite et la méningite du fait même qu'ils en ignoraient les causes. Ce qu'on peut seulement rappeler, c'est que là aussi, faute de mieux, ils pratiquaient abondam­ment la saignée. D'après les anciens dictionnaires de médecine, outre la saignée proprement dite, ils avaient recours aux sangsues, qu'ils posaient sur les tempes du malade, sur ses narines et derrière ses

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