Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. – Doroghyné Fehér Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 2. szám. (MNG Budapest, 1974)
un jour après les destructions de la guerre. Les tons tournant aux roux et la tonalité fondamentale du tableau y font allusion. 21 La Galerie Nationale Hongroise possède plusieurs compositions de Miháltz exécutées au lendemain de la guerre. L 1 Arbre dénudé (Fig. 135) est daté de 19 46. 22 C'est le souvenir et l'évocation des horreurs vécues. Des gris et des bleus, des tons sombres et tristes pour créer le climat. Deux chevaux tirent un chariot et à gauche se dresse à nouveau l'arbre dénudé, desséché que nous connaissons. Des ruines, trous creusés par les explosions des bombes, des animaux fatigués et épuisés par la faim. Ceux qui les ont vus, pourraient-ils les oublier? Ce tableau est un symbole. Un autre tableau, peint la même année, Mère à V enfant 33 (Fig. 136) est d'une tout autre facture. C'est une aquarelle en vue plongeante, aux tons bleu-vert, œuvre lyrique, délicate comme un pastel. Le geste ancestral de la mère tremblant pour son enfant s'adapte bien au demi-cercle de la composition. Au fond, la cage et l'oiseau hors d'elle constituent un motif affectif. La variété de tons délicats, cendrés, veloutés, sans éclat, lui prête un caractère mystérieux. On trouve également au Département d'œuvres graphiques de la Galerie Nationale Hongroise une composition, Paysage (Fig. 137), une sorte d'esquisse brossée à la hâte. 24 Le peintre trace les contours en pattes de mouche, par-ci, par-là il éclaire les branches et détache fortement le jaune de la clôture sur les tons bleu-vert de la toile. Il dispose les arbres le long du demi-cercle de la composition. La seule figure, posée au milieu du tableau, à peine indiquée, nous tournant le dos, constitue un élément affectif dans ce pavsage presque abstrait. ISous trouvons encore, dans cette collection, une Nature morte qui fait également preuve de la variété des procédés employés par le peintre dans le dessin et dans la peinture 2 "' (Fig. 138). Miháltz représente, en vue plongeante, des objets très communs : bouteilles, verres et une cafetière. Dans ce milieu peu consistant, dans ce fond sans caractère, il trace des contours vigoureux, sombres pour attirer l'attention sur l'importance des lignes argentées de la composition. Visiblement, il travaille dans un état de dépression grave : les souvenirs de la guerre ne cessent pas de le hanter. Les accents passionnés de la toile Maison avec un tombereau (1946) en la possession de l'artiste, 26 témoignent par ses touches nerveuses des nouveaux progrès que le peintre avait faits dans le domaine de la représentation expressive. Les branches entrecroisées des arbres expriment une force dramatique, font un effet dynamique. C'est cette période de sa carrière que l'artiste considère aujourd'hui comme le point de départ de la tendance à laquelle il doit les plus belles réussites de sa carrière. C'est alors qu'il s'était engagé dans la voie qui le conduisit au pittoresque des plans et à l'incomparable beauté de son coloris riche en nuances. « L'art n'est pas une simple reproduction de la réalité ; les œuvres reflètent les rapports de l'artiste avec la vie » — déclare le Maître 27 . La construction de la société nouvelle, la mise en marche du travail de nouveau type demandaient des sacrifices aux artistes aussi; l'intérêt de la communauté exigeait d'eux de l'abnégation pour un 137. Pál Miháltz (né en 1899) : Pavsage, 1946 Miháltz Pál (sz.: 1899) : Tájkép, 1946