Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. – Doroghyné Fehér Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 2. szám. (MNG Budapest, 1974)
136. Pál Miháltz (né en 1899) : Mère à l'enfant, 1946 Miháltz Pál (sz.: 1899) : Anya gyermekével, 1946 groise, cette période de son activité est représentée par la Cour abandonnée, datée de 1943 (Fig. 133). 19 Cette œuvre a figuré longtemps à l'exposition permanente de peintures hongroises du XX e siècle. Des changements importants s'étaient produits dans la peinture de Miháltz au cours de ces dix années. Son style néo-classique intermédiaire s'est modifié d'abord par l'apport de nuances affectives et il s'est transformé définitivement en une manière impassible se rapprochant d'une conception plutôt impressionniste. Cela est prouvé aussi par ses tableaux Soleil d'hiver (1938), Jeune fille à fleur (1939), Crépuscule d'hiver (1937), Matin à bord du bateau (1940). Cependant, la Cour abandonnée est plus proche par son thème même des objectifs poursuivis par les impressionnistes. Le bâtiment désert est un symbole plein de signification en pleine guerre. Le dessin sensible s'adapte à la situation psychologique et sert bien l'expression des mobiles qui ont poussé l'artiste à créer cette œuvre. Les trois rangées de fenêtres fermées n'ont aucune apparence de vie, mais à gauche de la maison un arbre noir, aux branches nues, se dresse morne et rappelle, comme le ferait un cri poussé dans la douleur, le souvenir d'une belle vie paisible qui n'est plus. La technique de la pose des couches de couleur elle aussi avait changé. Les touches sont devenues plus sèches, sans éclat, mais les couleurs sont déjà mieux travaillées. La dernière année de la guerre était pour Miháltz l'époque de beaucoup de souffrances difficiles à supporter. Il (tassait les derniers mois chez lui en travaillant puisqu'il lui est devenu impossible, comme aux autres, de continuer son enseignement à l'Ecole Polytechnique. Ainsi, il consacrait tous ses loisirs, tout son temps au dessin et à la peinture. Il se préparait à exposer ses œuvres avec celles de quelques peintres dans la galerie Almássy—Teleki. Le vernissage devait avoir lieu le 19 mars 1944, mais l'occupation de triste mémoire de la Hongrie par l'armée allemande l'a fait échouer. 20 C'est dans la phase ultime, la plus tragique de toute la guerre que sa personnalité de peintre s'est affirmée entièrement. Lui et sa femme subissaient les horreurs du siège de Budapest dans leur logis de la rue Lágymányosi où ils habitent aujourd'hui encore. Pendant ces semaines, Miháltz partageait toutes les douleurs, les souffrances et les humiliations des gens qui l'entouraient. Il lui était impossible de rechercher l'harmonie et la beauté du monde. Dans l'atmosphère d'angoisse et de souffrance, à la vue que tout était à rebours dans la vie, chaque touche sur la toile devenait le cri d'un homme affolé qui ne se souciait plus de la disposition normale des objets dans l'espace. Sa toile, Paysage inquiet (Fig. 134) daté de 1945, trahit déjà par son titre les tourments atroces du peintre et annonce les luttes surhumaines que l'on devra mener pour que la vie reprenne