Korner Éva - Gellért Andor szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Közleményei 5. szám (Budapest, 1965)

pressionnisme déjà sur le déclin. . . Né de lui, le cubisme m'apportait alors (il y a dix ans de cela) en la personne de Picasso la vérité nouvelle et la possibilité de poursuivre.» 49 Enrichi do l'expérience que lui apportait la rencontre do l'œuvre des Huit, Kmetty connut celle des grands pionniers do Paris et c'est au terme d'une maturation solidement justifiée qu'il adhéra, dans la seconde moitié des années dix, au groupe des artistes activistes, dirigé par Lajos Kassák et Béla Uitz. A partir de cette époque, il devait participer aux expositions organisées par la revue littéraire et artistique Ma (Aujourd'hui), publiée par eux. Ses convictions idéolo­giques, mais aussi les éléments purement picturaux de sa vision du monde lui assignaient cette place, dans les con­ditions politiques, économiques, culturelles, etc., comme celle qui lui convenait le mieux. Lorsqu'en mars 1919, au lendemain de la proclamation do la République des Conseils, la Société Socialiste des Lettres, des Arts et des Sciences se constitua, Kmetty fut élu membre du comité administratif de la section des arts 50 . Peu de temps plus tard, il dessina, en coopération avec József Nemes-Lampérth, un des artistes activistes les plus doués, professeur de l'Atelier d'Apprentissage Prolé­tarien des Beaux-Arts, une affiche de recrutement pour l'Armée Rouge. 51 Róbert Berény, du groupe des Huit, dont nous avons déjà parlé à propos d'un portrait antérieur do Béla Bartók, en avait fait autant. Tout comme l'affiche de Berény, celle née de; la coopération do Nemes-Lampérth et de Kmetty répandait les idées de la révolution proléta­rienne parmi les larges masses au moyen d'un langage artistique constitué à partir de Cézanne et des tendances picturales européennes nées de son œuvre. Cette évolution n'a peut-être pas été ni aussi univoque ni aussi rectiligne; il se peut aussi qu'elle ait subi l'influence d'éléments que nous n'avons pas le loisir d'étudier ici, mais il n'en reste pas moins qu'en dernier ressort, attachés à n'en considérer que l'essentiel, il n'est guère possible de la résumer autrement. Sans avoir offert une interprétation du rapprochement formulé par Kmetty entre Bartók et Cézanne, nous sommes peut-être parvenus à éclairer le rôle déterminant de Cézanne par rapport à Kmetty. Nous nous trouverons plus près de la solution do notre problème, quand nous aurons passé en revue les liens qui unissaient les milieux artistiques et littéraires groupés autour de Lajos Kassák et de Béla Uitz à Bartók. Nous commencerons par Lajos Kassák, qui était la personnalité la plus en vue du groupe. Kassák fit en 1915 la connaissance de Bartók, dont il suivait la musique depuis un certain temps déjà. 52 Voici ce qu'il écrit de leur première rencontre: «Bien qu'il ne fût guère que de six ans mon aîné, j'entrai chez lui si gauche et si plein do respect, comme chez quelqu'un que j'aurais estimé très certainement supérieur à moi. Ignorant en matière de musique, je n'en sentais pas moins, au fond de mes nerfs, à partir même des compositions de ses débuts, une inquiétante tension, la rigueur de la construction der­rière les sons que l'on disait incohérents, le rejet dos sché­mas hérités du passé et la volonté d'établir une harmonie nouvelle.» 53 Pendant la seconde moitié des années dix ils se rencontrèrent à plusieurs reprises et leurs relations devinrent plus suivies. «Ces années devaient asséner de rudes coups à Bartók, poursuit Kassák. Ses collections de chansons populaires rapportéesde pays de l'Est lui valurent, de la part de certains, d'être accusé de haute trahison; d'autres se bornaient à qualifier sommairement de folio ses tenaces expérimentations qui visaient si loin. On peut dire que seuls les jeunes ouvriers organisés et les étudiants progressistes du Cercle Galilée se rallièrent à Bartók avec une très grande curiosité, applaudissant sa musique, incom­prise peut-être encore, mais prodigue d'étranges émotions. Aux soirées de la revue Ma, de jeunes musiciens jouaient des compositions de Bartók et de Kodály pour piano et la revue publiait, en 1917, plusieurs compositions de Bartók, dont une écrite pour un poème d'Ady. En mars 1918, la rédaction publia un numéro spécial consacré à Bartók, avec 58. Ervin Voit (1882-1832): Hsquissc de la couverture de „3 burleszk zongorára" (3 burlesques pour piano) de Béla Bartok.

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