dr. D. Fehér Zsuzsa - Kabay Éva szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Közleményei 2. szám (Budapest, 1960)

23. Pál Szinyei Merse (1845-1920): Atelier du peintre. II. Esrjuisse. 1873. Szinyei Merse Pál (1845-1920): Műterem. II. vázlat. 1873. par un dépôt de poussière et de fumée démesurément épaissi par les vicissitudes de ces deux dernières années passées en « émigration ». Tout en étant pleinement convaincu de me trouver en présence d'une patine, la responsabilité que j'avais pour un tableau de cette importance, m'a décidé à demander, pour les travaux de restauration, la permission du directeur général du Mu.'ée. Ayant obtenu l'autori­sation sollicitée, j'aurais voulu connaître encore l'opinion do quelques-uns de mes collègues peintres ; je leur montrai donc le tableau tout en leur faisant connaître mon intention d'enlever la patine. A l'ex­ception d'un seul, tous furent choqués par mon projet et déclarant avec conviction que la couche prise pour patine par moi ne saurait être que le glacis employé par Szinyei, me déconseillèrent vivement d'y toucher, me priant même de rétablir les tons originaux là où ils semblaient manquer. Étant sûr de mon affaire et voyant qu'il me serait impossible de les convaincre, sans me soucier davantage de leur opinion, je me mis au travail. Le premier essai fait sur la patine « épaisse », me justifia. Les couleurs y apparaissaient avec une telle splendeur, que je fus moi-même surpris par le con­traste entre la partie nettoyée et le reste, couvert de la patine. Je continuai mon travail avec assurance, pratiquant mes essais d'abord sur la robe rose d'une des dames, puis sur le gazon vert, U apparut alors clairement que ce n'était pas un glacis qui recouvrait le tableau, mais une couche de crasse comparable à un voile gris uniforme. J'avais déjà enlevé à plus d'un tableau la crasse qui les recouvrait, mais jamais travail de ce genre ne m'avait donné un aussi grand plaisir que la restauration du Déjeuner. Je comprenais, au moins en partie, l'épithète de «delirium colorans» décerné à Szinyei par un des critiques contemporains. Chaque détail du tableau me réservait une surprise. Là, une splendide nature morte (les restes d'une cuisse de poulet), ici les deux petits chapeaux de dame garnis de roses qui avaient passé inaperçus sous le soi-disant glacis. Mais ce n'était pas seule la couche de crasse que j'ai dû enlever : il y avait aussi le repeint, surtout celui, large de deux paumes, fait sur le bas du ciel, au fond du tableau, derrière les figures des deux promeneuses à moitié cachées par la ligne de la colline. Le repeint s'expliquait certainement par la large craquelure qui se trouvait dans la couche de couleurs à cet endroit du tableau. Au moment où il avait été fait, la surface repeinte restait dans la note, mais finit, par suite du brunissement de l'huile de lin mélangée aux couleurs, par contraster sensiblement avec le ton original. C'était le même cas au milieu du tableau, autour des figures, où la couche épaisse du vert s'était craquelée découvrant ainsi au-dessous d'elle une couche verte plus claire. Je ne crus pas nécessaire de corriger aussi ce défaut, ne me parais­sant pas aussi gênant que celui mentionné plus haut. D'ailleurs ce n'était pas le premier tableau do Szinyei que j'avais dû débarrasser de repeints. Déjà sur le premier tableau du maître que j'avais à restau­rer, j'ai découvert du repeint, (''était l'une des oeu­vres de jeunesse les plus charmantes de Szinyei, le Couple d'amoureux repiésentant deux jeunes per­sonnes étendues devant une meule de foin. Sur celui-là aussi, c'est le edel qui avait été repeint, mais la veste noire de la figure d'homme elle aussi portait, sur toute sa surface, les marques d'une correction ultéri­eure. La raison de cette restauration était la même que dans le cas du Déjeuner : une craquelure profonde, franchement ouverte. Ces craquelures ressemblent fort aux trésaillures que les portes peintes au ripolin et exposées au soleil reçoivent, ou à celles des meubles peints à l'huile et places tout près du feu. Il est bien facile de constater l'existence d'un repeint. Si la cou-

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