Wellmann Imre szerk.: A Magyar Mezőgazdasági Múzeum Közleményei 1971-1972 (Budapest, 1973)
Orosz, István: L'extension de la culture a „rotation libre" dans le Nord-Est de la Hongrie a la fin du XIXe siecle
L'EXTENSION DE LA CULTURE À «ROTATION LIBRE» DANS LE NORD-EST DE LA HONGRIE À LA FIN DU XIX e SIÈCLE ISTVÁN OROSZ (Debrecen, Hungary) On sait que dans certains pays d'Europe occidentale comme l'Angleterre, la Hollande et la Belgique, la pratique de l'assolement triennal a disparu dès la première moitié du XIX e siècle. Dans d'autres pays, comme l'Allemagne et la France, cette pratique commence à faiblir dès le milieu du siècle. 1 En Europe orientale, les changements commencent encore plus tard et les exploitations agricoles ne pratiquant pas l'assolement triennal n'apparaissent en grand nombre que dans la seconde moitié du siècle. 2 Ce qui caractérise en premier lieu l'assolement biennal et triennal, c'est qu'on laisse, de temps en temps, reposer la terre, c'est-à-dire on la laisse en jachère. Dans ces conditions, il est normal que les historiens fassent un rapprochement entre l'extension des méthodes de culture plus modernes que celle de l'assolement à jachère, le pourcentage de la jachère par rapport à la totalité des terres arables, la diminution de la jachère fournissant la mesure du progrès. Quand on pratique l'assolement biennal, on laisse en jachère la moitié de la terre arable, dans le cas de l'assolement triennal, la jachère en représente un tiers. Il est donc évident qu'on ne saurait parler de la disparition de la pratique de l'assolement triennal dans des pays où le pourcentage de la jachère représente un tiers ou plus de toute la surface arable. Il est non moins évident que la pratique des assolements doit perdre du terrain dans la mesure même où on voit diminuer le pourcentage de la jachère dans l'ensemble des terres cultivées. Il semble bien qu'on peut tenir pour juste l'hypothèse d'après laquelle la culture alternante et la culture à rotation «libre» (cette dernière étant définie comme un mode de culture où la rotation ne suit pas de règles préétablies) étaient plus répandues en Allemagne 3 (8,89% de jachère en 1878) ou en France (18,9% de 1KRZYMOWSKI, RICHARD. Geschichte der deutschen Landwirtschaft. 2e éd. Stuttgart 1951. 268—270. — BIRNIE, ARTHUR. An Economic History of Europe 1760—1839. London 1962. 16—18. — KERRIDGE, ERIC. The Agricultural Revolution. London 1967. 295—310. 2 BALOGH, ISTVÁN. A paraszti gazdálkodás és termelési technika. In: A parasztság Magyarországon a kapitalizmus korában 1848—1914, red. par I. Szabó. Budapest 1965. I. 365, 393—94. — RUSINSKI, WLADISLAW. Rozwoj gospodarczy ziem Polskich. Warszawa 1969. 202—205. SANDULEAC, EUGEN Compendiul istoriei „sistemelor agricole" din Romania. Terra Nostra, réd. par E. Mewes. Bucuresti 1971. II. 181—185. 3 GOLTZ, THEODOR VON DER. Agrarwesen und Agrarpolitik. Jena 1904, 8. — Selon R. KRZYMOWSKI (op. cit. 269), en Allemagne, le pourcentage de la jachère était de 8,97% en 1878.