Wellmann Imre szerk.: A Magyar Mezőgazdasági Múzeum Közleményei 1971-1972 (Budapest, 1973)

N. Kiss, István: Monoculture de vigne et qualité des vins dans la Hongrie des XVIe—XVIIIe siecles

tion et de démographie des certaines régions, ainsi qu'à la stratification de la population selon sa fortune (Regesta decimarum, TJrbaria et Conscriptiones)/« Vu que, avant le début du XVII e siècle, les vignes allodiales, exemptes d'impo­sitions, donc ne figurant pas dans les registres, sont encore peu nombreuses, ces documents offrent un tableau approximatif de la population et de la pro­duction des différentes régions. L'analyse de ces données, bien abondantes, n'est certes pas encore terminée, nous pouvons toutefois constater que les régions où la vigne était une monoculture, sont caractérisées par une moyenne très haute des revenus et de la densité de la population. Quant aux régions viticul­teures de la Hongrie Occidentale et de Hegyalja (Tokaj), ce dernier s'épanouit au XVI e siècle, nous sommes en droit de dire la même chose qu'ont dit en 1733 les experts français à propos des enivrons de Bordeaux: ,,la viticulture... forme la seule manufacture du païs puisqu'elle occupe toute l'année la plus grande partie des païsans". 5 L'importance économique de la viticulture était, en Hangrie aussi, si grande que jusqu'à nos jours nous ne sommes pas à même de mesurer tout son poids et toute son importance. Partant des données dont nous disposons, nous devons supposer que son rôle était analogue à celui qu'elle avait joué en France et dont les Etats de la Bourgogne ont constaté en 1786 ce qui suit: „. .. puisqu'une lieue carrée de pays vignoble donne plus de produit à l'Etat, par les droits perceptibles sur les vins, que dix lieues carrées en pays de terres labourables" 0 . La vigne comme monoculture a tôt apparue en Europe, la qualité du vin par contre fut très tard considérée dans l'Europe féodale comme facteur jouant dans l'établissement des prix. Même dans la première moitié du XIV e siècle la qualité, cépage et cru, n'a pas joué de rôle substantiel dans le commerce de vin occidental. 7 Ce n'est que la récolte qui était considérée comme importante, on parlait peu de la qualité. De même, les rôles de taxes, dont nous venons de parler, n'enregistrent au XVI e siècle que la quantité de la production viticole sans prendre en considération les différences de qualité. D'autres sources contemporaines indiquent en revanche la grande différence en qualité et en prix que l'on trouvait souvent dans les mêmes vignobles. Dans nos sources documentaires l'idée de la qualité du vin apparut, outre les différences dans les prix, dans l'introduction délibérée de différents cépages, dans la large propagation des vins choisis, de qualité, servant à des cadeaux et enfin dans l'introduction de la qualification par l'Etat. Nous avons des exemples qui montrent que c'est par l'introduction de cépages étrangers que l'on cherche à améliorer la qualité du vin. Ainsi par exemple à Tarcal, le comte István Csáky planta des cépages italiens (Italica vina) pour sa propre consom­mation. 8 Mais même les cépages cultivés depuis longtemps ne produisirent ^Dans les documents des Archives Nationales de Budapest (dans la suite AN). 5 DION, ROGER. Histoire de la vigne et du vin en France des origines au XIX e siècle. Paris 1959. 33. GDION, R. op. cit. 31. 7 „Ganz analog zum Getreide entscheidet im Mittelalter auch beim Wein die Erntemenge grundsätzlich über den Preis. Die Qualität spielt demgegenüber keine tragende Rolle". SCHMITZ, HANS-JÜRGEN. Faktoren der Preisbildung für Getreide und Wein in der Zeit von 800 bis 1350. Stuttgart 1968. 63. 8 AN Csáky lt. P 72, fasc. 228. Registre des taxes sur le vin de l'oppidum Tarcal, le 16 décembre 1639.

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