Budapest Régiségei 15. (1950)

ÉRTESÍTŐ - Csemegi József: Herakles-csomó 549-564

JOSEPH CSEMEGI IM NOEUD D'HERCULE Les statues antiques d'Hercule (VI e et V e siècles av. J.-C.) nous fournissent les premiers spécimens classiques d'un noeud qui est connu en Egypte dès le III e millénaire et que les spécialistes signalent sous le nom de »noeud d'Hercule«. Les sculpteurs repré­sentaient le jeune Hercule revêtu de la peau du lion de Némée qu'il avait tué. La peau de son redoutable adversaire servait à recouvrir son dos; la tête et la crinière du lion couronnaient la tête du héros en guise de casque et les jambes de devant, nouées d'une manière caractéristique, reposaient sur la poitrine d'Hercule. La manière dont on jetait un noeud ou tressait un filet avait une grande importance pour la chasse et pour les attaques dirigées contre un adversaire ; la façon d'un noeud intéressait même la médecine des peuples iraniens et mésopotamiens de l'antiquité. Le noeud jouait un certain rôle même dans leur mythologie : il servait à soumettre les forces magiques à la volonté de l'homme, à anéantir un ennemi absent par une inter­vention magique, à expulser ou à écarter les génies malfaisants, auteurs de maladies, etc. Bn un mot, c'était une sorte d'arme sacrée. A peine Hercule eut-il revêtu, selon la légende, la peau de sa victime, le lion de Némée, il acquit aussi la force surnaturelle de son adversaire ; grâce à elle, il devint invincible. Aux yeux de l'homme antique le noeud d'Hercule semble avoir été un symbole de la victoire, voire du caractère invincible d'un héros ; en même temps on s'en servait pour écarter les forces démonia­ques ennemies. Le noeud d'Hercule, de même que n'importe quel instrument magique, se remplit donc de deux significa­tions opposées : d'une part, il était un synibole de la vie et de 1'»invincibilité« ; d'autre part, en tant que signe préservatif, il était utilisé contre les génies malfaisants. Le noeud d'Hercule (Pig. 5.) paraît aussi dans l'art funéraire hellénique du III e siècle av. J.-C. (stèle de Kritolaos) : dans ce cas ondóit le considérer non seulement comme le symbole de l'au-delà, c'est-à-dire du triom­phe sur la mort, mais encore comme une garantie du caractère pacifique du défunt (àsavoir que l'âme de celui-ci ne reviendra pas déranger les vivants) . Sa fréquence sur des armes, des amulettes et des bijoux s'ex­plique par la même vertu »apotropéique«. Pour se convaincre de la diffusion de cette utilisation du noeud d'Hercule dans la sphère de la civilisation hellénique, on n'a qu'à examiner les monuments hellénistiques des Balkans et de la région politique. Vers l'est on en retrouve les traces jusqu'à la zone de l'art Gandhara ; d'autre part, le noeud d'Hercule est démontrable dans l'architec­ture syrienne et palestinienne des premiers siècles de notre ère, ainsi que dans l'art sassa­nide, à Samarra, pendant le règne des califes abassides. Plus tard il fécondera aussi bien l'art de la période des migrations que celui de l'Islam. Au moyen âge même les pays occidentaux présentent maintes survivances du noeud d'Hercule. Il y pénétra par l'intermédiaire de Byzance pour paraître sur les colonnes ornées de noeuds de l'architecture médiévale. Les premiers spécimens occidentaux pro­viennent de l'architecture de l'Italie du Nord (XII e siècle), mais on trouve des motifs analogues même dans l'art français et alle­mands (XII — XIII e siècles), ainsi que dans l'architecture autrichienne, tchèque et hon­groise du XIII e siècle. Les dernières traces de ce motif remontent au moyen âge déclinant : il s'agit du filigrane d'un papier de Neuburg (XVI e siècle). Selon nos connaissances actuelles, le premier territoire méditerranéen où ce noeud très ancien et revêtu d'une force 36* ses

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