Budapest Régiségei 15. (1950)

Radnóti Aladár: Római igaveret a Gellérthegyről 27-43

analyse serrée des garnitures des chars funèbres. Il a réussi à fixer en Gaule la patrie de ces garnitures ; l'itinéraire par lequel elles avaient pénétré jusque dans les pro­vinces orientales était la grande route com­merciale qui longeait la vallée du Danube. I,es motifs bacchiques qu'on observe sur ces garnitures parcourent l'itinéraire inverse : c'est de l'Orient qu'elles tendent à se propager vers les provinces occidentales. Stir les garni­tures munies d'une partie en forme de fer à cheval l'élément bacchique se révèle surtout par les masques sculptées sur les boutons. Les garnitures artistiques des pays médi­terranéens semblent prouver que les chars celtiques de la Gaule avaient subi l'influence des chars d'apparat hellénistiques d'Italie : cette thèse s'applique avant tout aux brillants chars de triomphe. Il s'agit là, à vrai dire, plutôt d'influences réciproques, puisque certaines espèces de chars celtiques ont pénétré aussi en Italie. Outre les garnitures ornées de fers à cheval et de paires de lions, il convient de signaler aussi d'autres garnitures similaires d'une destination analogue qui se font remarquer par leur caractère plat. Sous ce rapport les trouvailles de Bulgarie sont dignes d'une attention spéciale. Sur deux garnitures munies de fers à cheval d'un char de Dimi­trievo on voit des décorations en forme de champignon. On rencontre des pièces ana­logues, originaires de la Thrace, aussi dans la collection de l'Ermitage. On observe un recouvrement total sur les garnitures d'un char de Toulovo et c'est ici qu'il faut signaler aussi les garnitures de Brestovitza et Pastouscha. Le phis curieux spécimen de cette variété est une garniture retrouvée à Iamboli et conservée actuellement au musée de Varna. Sur les garnitures de Pastouscha non seulement les boutons sont munis d'anneaux, mais sur la partie supérieure de la plaque de couverture il y a également des anneaux pareils destinés à l'enfilement d'une courroie ou d'une corde. Pour signaler des garnitures d'une décoration plus riche, il suffit de renvoyer à la paire de garnitures émaillées d'un char de Malka­Veres. Sur les garnitures munis de fers à cheval du char de Tchatal Tepé, le décor d'émail s'allie à un motif ajouré. C'est l'utilisation de l'émail qui permet de rattacher ces deux derniers groupes à la technique de l'art décoratif de la Gaule. Quant à l'application des garnitures en forme de fer à cheval, on n'a lancé jusqu'ici que des conjectures. Vu leur fréquence autour des chars romains, il est certain qu'on les appliquait soit aux chars mêmes, soit au harnachement. L'hypothèse d'après laquelle les garnitures de ce genre auraient servi à décorer des mors, doit être définitivement écartée. Ce qui est pour nous, en revanche, d'une importance toute parti­culière, c'est le fait que dans les groupes fermés de trouvailles on rencontre toujours une paire de garnitures. Mais, d'autre part, on n'y peut relever aucune trace de clouàge, abstraction faite du trou qu'on destinait parfois à un clou placé à l'extrémité du fer à cheval. Le manque du clouage nous fait penser aux parties en bois et aux anneaux de bride du joug de Zsámbék ; cette pièce très mince, incapable de résister au clouage, devait être modelée de manière à y placer des anneaux munie d'attaches en forme d'étrier et fixés à l'aide d'une cheville de bois. Cette technique nous autorise à supposer que les garnitures munies de fers à cheval étaient serrées dans des pièces de bois et fixées par une cheville. En ce qui concerne la nature de l'application , ce sont les anneaux des garnitures d'Iamboli qui nous fournissent la clé de l'énigme. Les garnitures de ce genre devaient se trouver sur une pièce de bois diamétralement opposée à la direction du char en mouvement. Une telle pièce était le joug ; les garnitures servaient donc à en orner les deux extrémités ce qui explique aussi le fait, pourquoi on les trouve toujours par deux. Le joug sculpté et ayant des extrémités relevées était serré entre les deux lions. L'usure par frottement qu'on constate sur la garniture de Budapest nous suggère l'idée que l'axe, chargée à ses deux extré­mités, devait supporter un certain poids. Ceci est d'autant plus sûr que plusieurs gar­nitures sont cassées au milieu de l'axe. Si 42

Next

/
Oldalképek
Tartalom