Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 9. (1956)

WAGNER, Hans: Die Briefsammlung Gauchez

588 Archivberichte vingt six mille de moyenne ä New-York. Nous faisions de 17 ä 18, car le théátre dans lequel nous devions jouer ayant brulé; il a fallu prendre ce qui se trouvait et c’était un petit petit théátre comme les bouffes*). La Tosca, la Dame, Fédora et Cléopátre, voilä tout ce que j’ai joué pour le moment. La Tosca que nous devions jouer quatrefois en New-York nous l’avons jouée 12 et Cléopátre que nous devions jouer cinq fois nous l’avons jouée 21 fois. Je dois dire que mon succés personnel est beaucoup moins grand dans Cléopátre; mais ma Compagnie y ayant une plus grosse part trouve un réel succés. Puis nous avons nos décors, nos costumes et ma faqon de prendre le role leur plait; mais il regrette que (my part) mon role soit si écouté. Nous reviendrons ici ä New-York passer tout le mois de novembre, puis encore tout le mois de mars. Enfin je suis ravie. Il n’y a que les journaux qui me gátent un peu la vie; car je ne puis faire un pas, écrire Une lettre, avoir une crampe d’estomac sans que la Presse ne soit informée. Vous avez lu sans aucun doute que Garnier est venu ä New-York. Il a un beau-frére marchand de bois en gros, et il est venu avec Tassodé de ce beau-frére qui venait ä Philadelphie acheter des bois. Je Tai vu, il est reparti. Il était motellement triste. Je n’ai eu rien ä lui dire; il est parti parce qu’il était venu pour cinq jours. J’avoue que ce voyage m’avait semblé étrange, mais je me rends a l’évidence. Je ne vous dis rien sur la ville ou les villes; elles sont américaines et tristes et froides. Le public est exquis, les femmes me gátent, les jeunes filles me couvrent de fleurs et je suis heureuse et je vous le dis parce que je sais que cela vous fait plaisir. Dites le a ceux qui m’aiment, ils seront contents; dites le á ceux qui me ha'issent, ils seront furieuses. Ecrivez moi a Montreal, Canada, a Académy of Music. J’y serai du six au onze avril. D'ici lä je vais Washing­ton, Philadelphie et un tas de petites villes, votre lettre ne me parviendroit pas. Donnez moi des nouvelles de vos bébés, de vous, de ce que vous faites. Pensez ä moi. Je vous aime beaucoup, mon eher Bauer, beaucoup ... pour- quoi je n’en sais rien, mais puisque cela est; je vous le dis. Je vous embrasse ä plein coeur. Votre amie Sarah Bernhardt Dites ä Jean Lorrain **) que je fais répéter Viviane et mes amitiés. Am Umschlag hinten: „Cette lettre est pour vous seul“. *) Les Bouffes, die italienische Oper in Paris. **) Paul Duval, genannt Jean Lorrain, franz. Literat (1855—1906), Mit­arbeiter am „Echo de Paris“ und Theaterdichter.

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