Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 9. (1956)
WAGNER, Hans: Die Briefsammlung Gauchez
Österreich 587 2. Robert Louis Stevenson an Auguste Rodin, ohne Datum (1886)*). Skerryvore Bournemouth Angleterre Mon eher Monsieur Rodin, J’étais bien heureux de recevoir votre lettre, qui m’a suivie d’étape en étape et a fini par me rejoindre ici; — bien heureux aussi de voir que vous avez été miséricordieux pour mes bätards. Je pense — je dirais pres- que, j’espére — que ce que vous en dites vient plutőt d’une Sympathie pour l’auteur que d’une faiblesse pour ses oeuvres. Car (ä vrai dire) je recherche plutőt un brin de votre affection personnelle que toute l’admiration que vous pourriez donner ä Dante ou ä Homere. A notre äge on ne s’éprend plus ä tout du premier venu; on reste content des amis qu’on s’est déja fait; c’était pour moi un vif étonnement, que de me sentir pris pour vous d’une si subite Sympathie; et il me piait de erőire que cette Sympathie eut été plus ou moins réciproque. Je vous prie de remercier M. Gauchez de ma part. J’aime beaucoup la France; il me plairait infiniment de pouvoir m’adresser directement aux Frangais; et si M. G. erőit la chose faisable, je lui adresserai bien une causerie a tort et ä travers, sur les lettres, les arts, les artistes, la France et 1’Angleterre. Mais est-ce faisable? Comment ferait-il pour corriger mes cuirs? Quel style éerirais-je? et qu’en penserait Paris? Enfin, cela le regarde; et s’il voudra bien m’adresser directement, je tächerai de faire ce qu’il désire. Je vous prie de ne pas oublier ce que nous sommes convenus ä l’égard de votre prochaine visite en Angleterre; les portes de Skerryvore bäillent en vous attendant. J’usque lä, eher Monsieur Rodin, je vous serre la main. Robert Louis Stevenson. 3. Sarah Bernhardt an Henri Bauer, am 12. März 1891. Monsieur Henri Bauer 21 ou 27 rue Lepeltier Paris Bonjour ami, je vous embrasse ä plein coeur. Il me semble que dix années nous séparent déja et cependant j’ai présent et vivace le souvenir de vous mérne. Je suis trés trés heureuse et j’ai beau me dire que je suis loin de ceux que j’aime, je ne puis en prendre peine ou tristesse. Mon succés ici en Amérique a été de beaucoup supérieur aux autres années. J’avais un peu d’inquiétude, car enfin voila 11 ans passés que je suis venue pour la premiére fois et voilä ma troisiéme visite dans ce pays, je craignais un peu de froideur. Eh bien non jamais jamais, je n’ai eu un semblable succés. Et j’espére revenir riche riche et faire de Part comme je Pentends, comme nous l’entendons. Ici ä Boston les places sont été vendues aux enchéres et la moyenne des représentations est de 26.000 francs, oui ami, *) Der Brief dürfte im Jahr der Ablehnung eines Werkes von Rodin durch die Royal Academy in London geschrieben worden sein, vgl. oben, S. 580 f.