Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 4. (1951)

INALCIK, Halil: Timariotes chrétiens en Albanie au XVe siecle d'apres un registre de timars ottoman

128 Halil Inalcik servant comme scribes ont re§u des Timars, grace á cette parenté 1). Ces Albanais qui servaient ä la Cour ou aux départements de l’Etat, n’appartenaient sans doute pas tous ä des families seigneuriales. Simplement hommes des beys ä l’origine, ces timariotes constituent une catégorie distincte, jouissant d’autres particularités du Systeme des Timars. En fait, le Systeme des „gulam“ ottomanisait l’aristocratie albanaise. Quant ä celui des Timars, il n’apporta pas aux anciens seigneurs du pays un simple changement de nom. En eff et, dans les régions conquises, le Timar avait la portáé d’une véritable révolution politico-sociale. Ainsi qu’il a été dit plus haut, au sujet d’Argyrokastro, les seigneurs furent, dans certaines contrées, chassés de leurs terres, l’Empire Ottoman n’accueillant dans son sein que ceux qui lui témoignaient de l’attachement. II était tout aussi natúréi que les seigneurs soumis ä l’Etat ottoman et investis d’un Timar par lui, respectassent les régies afférentes au Timar et ne pussent souvent conserver qu’une partié de leur ancienne propriété fonciére. Sur le régime des terres antérieur au Timar ottoman, le cahier ne nous fournit aucun renseignement d’importance. On peut toutefois avancer avec assez d’assurance que les seigneurs étaient des propriétaires fonciers héréditaires, et que les paysans leur payaient des redevances contre le droit d’exploitation des terres. II n’était pas difficile d’adapter cette situation au Systeme des Timars. Dans le passage á la situation nouvelle, un seul changement essentiel se produit: L’Etat s’approprie le droit de propriété fonciére véritable. De la sorte, ces seigneurs féodaux, placés naguére sous la suzeraineté — aux liens assez láches — des rois de Serbie ou de Naples, tombent, sous l’Etat ottoman, au grade de soldats, astreints aux réglements des Timars, sur des terres dönt la propriété est passée au dit Etat. La petite noblesse, dönt les intéréts matériels se trouvaient ainsi garantis, ne s’en tiraient pas avec de grand dommages. Mais les pertes des grands seigneurs étaient, sans doute, grandes. Le Sultan se trouvait en état de changer leur situation, et d’investir un étranger comme timariote sur des terres qui leur revenaient par héritage. Les grands seigneurs ne pouvaient se résigner toujours á perdre leurs droits, et s’insurgérent ä l’occasion contre l’Empire. Les révoltes incessantes de ces seigneurs, révoltes qui ensanglantérent l’Albanie durant le XV 0 siécle, peuvent s’expliquer J) A l’occasion de la concession d’un Timar á Petro, parent de seribe Yorgi, Ton a stipulé: „Ol sebeble timar olrnus“ (p. 63 a).

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