Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 4. (1951)
INALCIK, Halil: Timariotes chrétiens en Albanie au XVe siecle d'apres un registre de timars ottoman
Timariotes chrétiens en Albanie au XV. siéole 129 en dernier lieu par l’incompatibilité existant entre le gouvernement centralisateur instauré dans le pays et l’ancien Systeme féodal. La rébellion d’Araniti et celle d’Iskenderbey sont surtout nées de cette tension 1). Les Ottomans, qui, aprés bien des efforts, réprimérent ces révoltes, ont dű trouver ainsi le moyen d’éliminer les grands seigneurs qui ne voulaient pas s’adapter au nouveau régime, et d’établir pour de bon le Systeme des Timars. Dans les révoltes d’Araniti et d’Iskenderbey, l’on voit les grands seigneurs participer au mouvement 2); mais les families des sipahis chrétiens, détenteurs de petits timars ne semblent pas y avoir pris part; car presque tous ont conservé leur fief. Nous voyons mérne que célébre „Uc Beyi“ (bey des marches) Turahan Bey, qui réprima la grande ré volte fomentée par Ar ani ti (1432) 3), faire don en 1434 ä un nőmmé Andranikos d’un village, pour la fidélité qu’il garda pendant la rébellion 4 5). On avait prétendu que quelques timariotes chrétiens avaient pris part á faction contre l’Etat, dés que la fausseté de cette nouvelle se fut avérée, l’on restitua leur Timar ä ces gens. Parmi ces derniers, la moitié du Timar de Pavli avait été précédemment concédée par Turahan Bey á un musulman. Plus tárd, en Mai 1449, le bey du Sandjak lui en reprit l’autre moitié, alléguant qu’il s’était révolté. Mais deux ans aprés, le Timar fut remis derechef ä Pavli6). Comme on avait informé que quatre timariotes chrétiens s’étaient enfuis ä Aranitid, leur Timar commun fut accordé ä un musulman. Mais lorsque cette nouvelle s’avéra fausse, ce Timar fut également restitué ä ses détenteurs (1454) 8). II existe, par ailleurs, un certain nombre de Timars chrétiens sur lesquels on ne rencontre aucune stipulation sur les dates postérieures. La situation de ces Timars ainsi que celle des Timars „mevkuf“ (bloqués) est douteuse. Ces derniers étaient-ils auparavant entre les mains de sipahis chrétiens q Des facteurs de toutes sortes ont dű, sans doute, étre mélés á ces souléve- ments. Mais mérne les ouvrages qui se présentent k nous avec le plus de sérieux (entre autres: A. Gegaj, l’Albanie et lTnvasion turque au XV e. siécle, Paris 1937) ne sont malheureusement pas exempts d’idéalisation, montrant Iskenderbey mű exclusivement par des sentiments religieux et patriotiques. (Voir sur celivreFr. Pall,Une nouvelle histoire de Seanderbeg, Revue de Sud-Est europ., XXXVII (Bucarest 1937). 2) Voir Gegaj, 52, 60. 3) De cette révolte, il est question dans le cahier ä plusieurs reprises sous cette mention: „Bu il vagi oldukta“ (quand ce district se souleva). 4) Cahier 109 a. 5) Cahier 63 a. 6) Cahier 61 a. 5