Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 4. (1951)

INALCIK, Halil: Timariotes chrétiens en Albanie au XVe siecle d'apres un registre de timars ottoman

Timariotes chrétiens en Albanie au XV. siécle 123 Parallélement ä ces faits, le champ des Timars s’élargissait aussi. Une foule de Timars chrétiens, dönt nous faisons remonter l’origine au regne de Mahmed Ier, datent de cette époque, nous voyons égale- ment des Turcs, exiles d’Anatolie, s’établir en Albanie, á titre de timariotes (la proportion de ces timariotes exiles était de 30%). Jusqu’ici nous avons simplement mis en relief l’époque de l’introduc- tion du régime de Timars ottomans en Albanie. Quelle était l’origine de ces timariotes chrétiens ? II est aisé de répondre ä cette question en envisageant les méthodes ottomanes de conquéte, ainsi que les conditions historiques et géographiques propres ä l’Albanie. Dans les questions d’hégémonie et de souveraineté, l’Etat ottoman s’est toujours abstenu, dés sa naissance, de lier son action ä des principes religieux, raciaux et juridiques. Au début de son action, il lui suffit de réaliser les conditions essentielles de la domination. En Albanie aussi nous sommes témoins de l’application, de fa<jon remarquable de cette politique réaliste, qui a tant contribué ä la fondation de l’Em- pire. Par ailleurs, les seigneurs féodaux, entrés en scene avant l’arrivée des Ottomans, ont, avec leur régime, déterminé la situation politico- sociale de l’Albanie. Ces seigneurs vivaient en discorde et, rivaux les uns des autres, se trouvaient exposés aux influences venant du dehors, surtout aprés l’écrasement en 1385 des Balcha, qui voulaient établir leur hégémonie sur leurs congénéres (c’est mérne un de ces seigneurs qui invita en 1385 les Ottomans au pays). Le premier souci de ces nobles était avant tout de conserver leurs anciens droits féodaux sur ces terres, c’est-a-dire, de ne pas perdre leurs revenus. Sous la pression continuelle des troupes de marches turques, iis ont toujours accepté de bonne grace une protection qui leur garantissait ces droits. Quelques-uns de ces féodaux abandonnaient mérne leur seigneurie contre une allocation fournie par la République vénitienne qui con- voitait les ports importants de la contrée, ou contre les fiefs qu’ils recevaient du Royaume de Naples r). Par conséquent il suffisait pour leur soumission que les Ottomans offrissent les mémes avantages. D’ailleurs certaines particularités obligeaient ces derniers d’agir dans cet esprit. L’Albanie cachait dans son sein des tribus belliqueuses, prétes ä la rebellion et au pillage, dans ces regions montagneuses coupées de vallées et de gorges étroites. De plus, le pays s’adossait ä la mer, et les cőtes de l’Adriatique laissaient libre passage aux agitations et q Gegaj, p. 11, 12, 14, 15, 20 etc.

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