Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 4. (1951)
INALCIK, Halil: Timariotes chrétiens en Albanie au XVe siecle d'apres un registre de timars ottoman
124 Halil Inalcik aux aides venant du papé et des Etats italiens. Cet état de chcses fogait sans doute les Ottomans á préconiser une politique de conciliation. Enfin, les seigneurs albanais n’avaient pas combattu les Ottomans en bataille rangée, ä l’instar des Bulgares et des Serbes. On erőit que ces batailles donnérent aux Ottomans l’occasion et la possibilité d’anéantir les aristocraties bulgare et serbe et de s’approprier leurs biens1), tandis qu’en Albanie l’Etat ottoman trouvait devant soi des seigneurs de minime importance, indépendants les uns des autres et préts ä s’entendre isolément avec lui. Dans ces circonstances, la solution la plus pratique était d’accorder ä ces seigneurs ce qu’ils souhaitaient, de les laisser comme timariotes ottomans ä la tété des terres qu’ils possédaient anciennement2). Sa souveraineté une fois reconnue, l’Etat ottoman ne voyait aucun empéchement ä accepter ce compromis. Le fait qu’une partié de ces seigneurs se trouvait dans la condition de vassal, facilitait leur assimilation comme sipahis timariotes. II a done suffi de les incrire comme ,,timar-eri“ (timariote) lors du recensement effectué pour le Timar. De la sorte, les seigneurs chrétiens albanais devenaient des sipahis détenteurs de Timar ottoman, tout en conservant leurs biens et leur religion. Dans le cahier de recensement en question nous trouvons des exemples intéressants montrant comment des seigneurs chrétiens d’Albanie furent introduits dans le cadre des Timars ottomans. La famille Pavlo Kurtiky attire particuliérement l’attention. D’abord, bien des années avant 1431, un seigneur chrétien nőmmé Pavlo Kurtik occupe un grand fief dans le Sandjak d’Arvanid. La région oü il se trouve étant dénommée le district (vilayet) de Pavlo Kurtik, il est hors de doute que ce noble était ä l’origine le seigneur local de la contrée. Car nous savons que les Ottomans, d’une faijon générale, donnent aux régions qui reconnaissent leur autorité le nom du seigneur local régnant lors de l’occupation, et devenu leur vassal. Pavlo Kurtik, comme commandant des „sipahi“ de cette région, a dű étre nőmmé „Subasi“ (sous-préfet) du „viláyet“ portant son q Pourtant, il faut s’abstenir de porter ä ce sujet un jugement catégorique. 11 est trés probable que dans les autres pays balkaniques quelques-uns des boyars indigenes s’ottomanisérent et s’assimilérent en entrant dans le cadre du Timar. Dans les cahiers de Serbie et de Bosnie, et — plus significatif encore —, de Pasaeli (Thrace), nous trouvons des soldats chrétiens ayant possession de timars. 2) „viel eher waren sie geneigt, sich mit den Türken, die fast überall ihre Verstecke hatten, zu verständigen und so wenigstens einen Bruchteil ihres Besitzstandes und ihrer Geltung zu retten.“ (Jorga, GOR, p. 270).