Nyulásziné Straub Éva: A Kossuth-emigráció olaszországi kapcsolatai 1849–1866 (Magyar Országos Levéltár kiadványai, II. Forráskiadványok 34. Budapest, 1999)
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se résume ainsi: Voyez, examinez les hommes et les choses par vous-méme, je veux dire les hommes de tous les partis - on se trompe facilement n'étant entouré que de ceux qui flattent ou que la sympathie du principe vous fait rechercher. Pour ITtalie, il n'y a que deux cas - ou nous pouvons compter sur la Francé et nous autres démocrates nous serons á méme d'initier la révolution, de renverser tous les gouvernements y compris le Piémontais, et de vaincre; ou les républicains ne l'emportent pas en Francé et alors ce serait chimérique de erőire que les démocrates italiens abandonnés á leurs propres forces, pourraient combattre avec succés les armées austro-russes en 1852. Quel appui aurions-nous? celui des populations? II serait imparfait sans le concours d'une puissance constituée ou d'une force müitaire que nous n'avons pas encore organisée. Croyez-le moi, je connais mon pays, nous pourrons bien compter sur les masses avec un travail assidu et du temps, parcequ'elles sont dans l'époque de leur réveil morál, mais pas encore aujourd'hui; elles ont été trop longtemps divisées, abruties, elles n'ont pas assez le sentiment de leur force et de leur droit pour soutenir une lutte á vie ou á mort. Ce n'est pas l'émigration qui dóit fairé le mouvement, mais bien le pays opprimé; elle ne peut que l'aider du dehors et courir sur le champ de bataille, lorsque la lutte est engagée. Si donc le 1852 ne donne pas un gouvernement républicain á la Francé, nous sommes forcés de renoncer au mouvement républicain en Italie, et dans ce cas, il nous faudra ou attendre (ce qui me parait le meilleur parti) ou essayer d'entrainer le Piemont á une guerre nationale en transigeant avec les constitutionnels, non pas sur le principe, mais sur Yopportunité, opération dont la réussite est trés incertaine. Cependant, si en face d'une révolution Européenne le Piemont est nul, dans une guerre de ITtalie contre l'Autriche il est trés important, parce qu'il peut offrir á la nation une armée toute préte de 150.000 hommes. II n'est pas oisif, les capitalistes sont pour lui, son parti dans ITtalie n'est pas courageux mais tenace; il n'y aurait qu'une nouvelle faute du gouvernement sarde qui pourrait l'anéantir, mais cetté faute il ne Fa pas commise; depuis Novare sa politique est conséquente. Alexandrie n'est pas livrée aux Autrichiens, et aucun traité n'a été stipulé avec les puissances despotiques. L'emprunt M[azzini] tout grand et patriotique qu'il est, n'avance ici qu'avec une peine immense - la crainte peut Fentraver dans les provinces opprimées, mais les états sardes, qui sont les plus riches de ITtalie á Fheur qu'il est pourraient bien le couvrir á eux seuls, si le parti républicain y était prédominant. Voilá quel est selon moi l'état de ma patrie. - Celui qui vous expose ici ses convictions est un homme qui vous est bien connu et qui préíere vivre dans le besoin et la pauvreté avec sa famille, plutőt que de manger le pain de la monarchie: c'est un sóidat qui une fois la lutte engagée ne reculera devant aucun obstaele et se montrera aussi tenace á la soutenir qu'il était prudent á la provoquer. Les instructions contenues dans vos lettres seront consciencieusement exécutées. Je vais consigner á la presse un artiele qui vous concerne. Que Dieu Vous protége et vous inspire pour le bien de notre sainte cause. J'ai une confi-