Nyulásziné Straub Éva: A Kossuth-emigráció olaszországi kapcsolatai 1849–1866 (Magyar Országos Levéltár kiadványai, II. Forráskiadványok 34. Budapest, 1999)

DOKUMENTUMOK

II faut aussi, pour que nous puissions prendre l'initiative, que le parti italien sóit un seul, que les Républicains donnent la main aux constitutionnels, du moins jusqu'au jour de l'action. Ce jour venu, la démocratie l'emportera par sa force mérne et laissera derriére elle les modérés. Ceux-ci deviendraient á leur tour républicains; car l'Italie ne peut sortir d'une lutte nouvelle que républica­ine ou esclave. Se servir de tous et de tout (excepté les réactionnaires qu'il faut détruire sans pitié), voilá ce qu'il faut fairé en Italie pour réussir; voilá le travail immense que Mazzini a devant lui. L'emprunt national, et son dernier prog­ramme, sont les véritables émanations d'un homme d'état: mais tout cela n'est qu'écrit, il en faut l'exécution pratique et ce qui en ensuit, l'ordre et l'unificati­on dans ces matériaux immenses, mais dispersés et confus. Cet homme infati­gable parait vouloir tout fairé á lui seul, tout absorber dans sa personne. C'est trop pour les forces d'un homme mérne aussi supérieur. S'il est vrai que dans le passé l'incapacité de ses agents ou l'ingratitude de ses connationaux ont pu justifier cetté concentration, aujourd'hui les meilleurs individus du pays sont préts á aider et á seconder ses efforts. Ce sont ces hommes qu'il devrait choisir pour créer dans chaque ville, dans chaque village des comités secondaires qui traduiraient á la lettre sa pensée et donneraient une organisation pratique á ses institutions: tandis qu'á présent on ne connait ses représentans que comme des individus tout á fait isolés, sans accord entre eux, souvent mérne dépourvus de toute influence. Le mérne désordre, le mérne manque de subordination et d'unité existe dans la presse, qui en général néglige nos propres affaires pour s'occuper de la Francé. Oh! lorsque vous serez libre de joindre votre oeuvre á celui du chef Italien, les choses marcheront mieux et vite. Vous possédez ce qu'il faut pour le comp­léter; un esprit éminemment pratique et organisateur. Votre parole réchauffe le coeur de l'ingorant comme celui du savant. Mazzini est un oracle qui n'est compris que par les esprits privilégíés. II faut dorénavant qu'il sóit compris par tous, que comme vous il devienne l'homme populaire par excellence. Le nom de Ledru-Rollin en se joignant au sien ne l'a pas rapproché de ce but, 4 car les besoins et les intéréts des Frangais ne sont pas ceux des Italiens. Imiter la Francé serait tomber aussi bas qu'elle. II n'y a que votre nom qui puisse étre piacé auprés de celui de Mazzini. Les Italiens comme les Hongrois doivent apprendre á n'avoir confiance que dans leur propre force habilement employée et développée par leur chef. Le 1852 de la Francé, dans lequel mes compatriots piacent leurs espérances, ne sera pour eux qu'une lecon semblable á celle de 1848. Vous voudrez bien accepter, j'espére, Monsieur le Président, ces considéra­tions que je n'aurais pas osé vous soumettre, si, libre au milieu de l'Europe, vous pouviez apprécier les choses par vous-méme. Mais je connais assez vos opinions pour étre sűr que pour vous, műrir et achever une grandé entreprise, et décider de la vie ou de la mort d'une nation, ce sont des affaires bien différentes des coups de mains de 1821 et 1831; et par conséquent qu'on ne saurait les livrer á l'hasard ou á la précipitation. Pour moi, je vous l'avous en homme de conscience, la lutte ne sera proche que lorsque je verrai nos efforts égaler en activité, en combinaison, et en unité ceux de nos ennemis.

Next

/
Oldalképek
Tartalom