Sáfrán, Györgyi: Lettres de Romain Rolland a Marianne Czeke dans la Bibliotheque de l'Académie des Sciences de Hongrie (A MTAK kiadványai 48. Budapest, 1966)
28 Mais non! En pleurant je peche! II y a quelqu'un qui vit loin et sans étre troublé Par le vulgaire bruit de la vie, II m'envoie un doux message de consolation C'est mon compagnon que la vie m'a enlevé il y a longtemps, et qui á travers de lointaines musiques est rentré dans mon coeur ... Les douleurs terrestres ne me tourmentent plus Que le sort m'éprouve, me brise et me torture, — Je vis dans les hauteurs, loin de la terre Et lá-haut dans la lumiére je m'unis á lui. C'est mon compagnon que la vie m'a enlevé il y a longtemps et qui á travers de lointaines musiques est rentré dans con coeur ... C'est ainsi que l'amour est devenu vrai et éternel Car la musique est fidéle, et ne te quitte pas, Au'ssi longtemps que tu lui restes fidéle. Elle te donne une áme nouvelle Car elle-méme ne cesse de renaitre ... Tout ce que la vie m'a donné et repris, A travers de lointaines musiques est rentré dans mon coeur .. . 5 2 Lorsque Romáin Rolland déclare á plusieurs reprises que partant de considérations psychologiques il estime que „tout était possible" entre Beethoven et Thérése, il s'autorise de son propre exemple en disant que le peu de souvenirs que dans le legs, dans les journaux de Thérése évoouent Beethoven semblent fournir une preuve par le négative, car — affirme-t-il — il sait de par sa propre expérience qu'il est des événements et des personnes que nous passons sous silence précisément parce qu'ils ont occupé une place trop importante dans notre vie. Romáin Rolland, non seulement grand écrivain mais aussi excellent psychologue, avait une connaissance intimé de la vie, des situations, des vibrations du coeur et des sens, et c'est précisément cette connaissance qui lui suggére l'idée de liens plus profonds entre Beethoven et Thérése Brunszvik. Effectivement certains petits faits de ces années-lá nous laissent réveurs. Le 31 mai 1807 Beethoven écrit une lettre á Frangois 5 2 „A lovag panaszai" (Les complaintes du chevalier). Poéme de Thérése Brunsvik. Trad. par Alma T. Szenttamási, Magyar Női Szemle, 1936. janv.—févr. pp. 1—2.