Romer Floris: Compte-rendu (Budapest, 1878)
1 - III. LES FOSSÉS DU DIABLE EN HONGRIE
5° Les fossés clu diable en Hongrie. que ceux-ci, professant la même opinion que les autres peuples sur les fossés du diable , ont nommé le fossé supérieur ou le grand fossé Certowsky-jarek , dont les Hongrois, vu la difficulté qu'ils éprouvent à prononcer les noms étrangers, ont fait Csersz, puis Csörsz, Csősz- et Cseszárok. Ce nom s'est maintenu longtemps concurremment avec celui des Ördög-árok , mais comme on n'en connaissait pas la signification ou qu'on l'avait perdue, on s'est mis à chercher à quel personnage célèbre, à quel héros on pourrait attribuer cet ouvrage de géants ou du diable; c'est ainsi qu'en défigurant, en forçant le nom de Curzan, on est arrivé à en faire celui de Csörsz; et le sujet de la fable était trouvée. Ce n'est pas à nous à citer toutes les interprétations données à ce mot : csö (le canon), csősz (le garde), &c., nous laissons ce travail improductif et inutile à ceux qui n'ont pas à s'occuper de choses graves et fructueuses, et nous supposons que toutes ces lignes portaient le nom commun de Fossés du diable; chez les Hongrois : Ördögárok; chez les Allemands : Teufelsfurche , Teufelsgraben; chez les Slave : Cerlowsksy-farek , que les Roumains, depuis qu'ils se considèrent comme de vrais descendants des Romains, ont jugé à propos d'appeler : Routes de Trajan. L'essai que je donne ici sur cette question n'est pas comme j'avais supposé pouvoir le faire; mais il est aussi bien qu'il m'a été possible de le faire d'après mes études sur le terrain, d'après les communications officielles des autorités des comitats et enfin d'après les données des amis de l'archéologie et de l'histoire critique. J'ai la conviction qu'il excitera l'attention des amis de nos Musées et de nos Sociétés d'Archéologie, qui m'aideront à achever la carte de ces fossés, travail assez difficile sans leur concours.