Romer Floris: Compte-rendu (Budapest, 1878)

1 - III. LES FOSSÉS DU DIABLE EN HONGRIE

Les fossés du diable e?i Hongrie. 5 1 Les plus ardents de nos compatriotes ne pouvaient naturellement trouver d'autre solution, que celle qui attribue ces grands retranchements aux Hongrois qui les auraient élevés après avoir occupé ce pays, car, disent-ils, telle était la manière des Orientaux de forti­fier leurs frontières. Mais ce raisonnement ne peut pas être une preuve, puisque, en étudiant cette question ailleurs, on retrouve les mêmes retranchements, les mêmes camps païens chez les autres peuples du nord, comme par exemple en Russie, en Gallicie, en Podolie, en Bohème, en Autriche et surtout chez les peuples slaves du nord-ouest, dans le Lusau supérieur. On ne peut pas nier que les Hongrois n'aient bâti, selon 1' Anonymus (voir : SCHWANDTNER, Serif fores rerum Hungaricarum , tom. I.), plusieurs camps de terre, car c'est de là que viennent les noms si fréquents de Föld­vár, camp de terre; mais ils ont aussi bâti plusieurs Sár­vár, ce qui ne veut pourtant pas dire que c'étaient des ca?nps de boue , mais des retraites au millieu des marais (sár) inaccessibles, espèces de crannoges, qui étaient recher­chés et bien appréciés chez nous, même dans le XVI E et XVII E siècle. Si quelqu'un, par hasard, veut élever la voix en faveur du mode de défense des frontières, cité par 1 'Anonymus, nous admettrons de bon coeur avec lui, que les Hongrois, à l'époque de leur dernière invasion, connaissaient bien le système de resserrer les défilés au moyen d'abattis d'arbres, ou d'accumulation de rochers précipités dans les vallées pour arrêter l'ennemi dans sa marche, et pour couvrir les portes du royaume, comme ils l'ont pratiqué plus tard aussi contre les Tartares; mais on nous con­cédera aussi qu'après avoir effectué l'occupation de la Hongrie, ils n'avaient aucune raison de tracer ces énormes retranchements dans l'intérieur de la Hongrie , principa­lement dans les directions indiquées sur notre carte, - _ 4*

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