Fitz Jenő (szerk.): A Pannonia Konferenciák aktái IV. Bronzes Romains figurés et appliqués et leurs problemes techniques - István Király Múzeum közelményei. A. sorozat 27. A Pannon konferenciák aktái 4. (Székesfehérvár, 1984)
I. Manfrini: "Maniéres" de bronziers égyptiens
Alba Regia, XXI, 1984 I. Manfrini »MANIERS« DE BRONZIERS ÉGYPTIENS Les lignes qui suivent ont pour propos de rettre en évidence d’un certain nombre de caractéristiques qui paraissent propres à une partie de la production des bronziers égyptiens. Ces caractéristiques ne sont pas exclusivement techniques, elles ressortissent aussi à l’iconographie et au style; raison pour laquelle il est plus correct de voir dans cette petite enquête une tentative de repérage de „manières“ plutôt que de traits techniques seulement. Lors d’une recherche beaucoup plus vaste sur les représentations de Bacchus chez les bronziers d’époque hellénistique et romaine, quelques objets provenant d’Egypte ont paru offrir entre eux une certaine ressemblance1. Cette „impression“ mérite d’être formulée, précisée, d’autant plus que la production des bronziers semble être caractérisée par la plus grande disparité. Bien que le nombre des bronzes trouvés en Egypte soit relativement élevé — nous en avons repéré un peu plus de 300 en ne dépouillant que les catalogues des grands musées — l’enquête a été limitée aux figurines représentant Bacchus ; non par souci de facilité ou pour reprendre des observations déjà faites ailleurs mais d’une part parce que la spécifité de la production égyptienne ressort mieux si les comparaisons sont établies à partir d’objets reproduisant un même thème ; d’autre part parce que la qualité des reproductions dans la plupart des catalogues publiés n’autorise que très rarement des observations sur le style et la technique. D’où a difficulté d’enrichir notre corpus. Les constantes inconographiques, ou plutôt la faveur que rencontrent on Egypte certain détails est évidemment la plus aisément reconnaissable. Nous nous bornerons à énumérer très rapidement ces quelques détails pour ne pas répéter ce qui a déjà été dit. 11 apparaît tout d’abord qu’il n’y a pas de types propres à l’Egypte, ni à aucune région d’ailleurs, du moins pour Bacchus. En revanche, la nudité (1) Toutes les figurines de Bacchus dont il est question ici ont fait l’objet d’une typologie iconographique. Cf. Manfrini (à paraître). totale et le port de la chlamyde sont plus fréquents que le port de la nébride, relativement rare dans cette région. Encore faut-il préciser que ni la nudité ni la chlamyde ne sont des détails exclusivement égyptiens, ils apparaissent simplement de manière plus fréquente ici qu’ailleurs. De plus, pour la chlamyde, la particularité réside dans la manière dont les Bacchus de cette région la portent, une manière que nous n’avons pas repérée ailleurs. De même, le bras levé très haut ou une main posée sur la hanche sont deux attitudes plus particulièrement égyptiennes. D’autres attributs semblent caractériser cette production ou plutôt, plus justement, la présence simultanée de deux ou plusieurs de ces attributs. La corne à boire est le plus typique d’entre eux car seuls deux bronzes trouvés hors d’Egypte en sont dotés2; ailleurs, le récipient favori est le canthare. Les hautes bottes lacées sur le devant, la couronne — toujours en lierre — dont les feuilles se détachent nettement de la tête sont aussi des traits spécifiques de l’Egypte. Parmi les figurines qui ont en commun les traits énumérés ci-dessus, quelques-unes se ressemblent plus que d’autres. La parenté iconographique n’est donc pas la seule à les unir. D’où la question de savoir si cette ressemblance désigne une même main, une même manière, c’est-à-dire la production d’un même atelier ou d’une région particulière. Nous avons donc tenté de repérer ces mains. Cette recherche a été rendue difficile par la qualité médiocre des photographies à disposition puisque, dans la plupart des cas, les objets eux-mêmes n’ont pas été examinés. C’est dire si les observations qui suivent constituent plus des propositions, donc discutables, que de véritables affirmations. (2) Une des figurines est soncervée au Römisch-Germanisches Museum de Cologne; cf: Die Römer am Rhein, Köln 1979 C81, fig. 68. La seconde figurine, aujourd’hui disparue, a été trouvée en Roumaine; cf.: Pop, 1973, 599. 95