Fitz Jenő (szerk.): The Celts in Central Europe - István Király Múzeum közelményei. A. sorozat 20. A Pannon konferenciák aktái 2. (Székesfehérvár, 1975)
J. Neustupný: A propos du modéle des oppidums celtiques
A PROPOS DU MODÈLE DES OPPIDUMS CELTIQUES Si l’on compare les oppidums de l’époque de La Tène aux enceintes fortifiées des époques préhistoriques précédentes on aborde, le plus souvent, la question du point de vue architectonique, c’est-àdire on discute la forme et la technique des constructions respectives. Cette voie de recherche n’est pas sans difficultés. D’un côté, on est influencé par une similarité formelle et technique, trop générale et un peu superficielle qui peut être expliquée comme tout-à-fait indépendante parcequ’elle correspondait aux capacités architectoniques des dites époques et peut apparaître plusieurs fois et dans des localités différentes sans être directement en rapport, d’un autre côté on peut constater que la construction des oppidums possède des éléments très évolués correspondant à une technique et une forme plus progressives et à un choix intentionnel de la position dans la nature (deux acropoles). Mais même si l’on reconnaît que l’analyse architectonique trouve une place importante dans le problème des rapports des oppidums avec les enceintes fortifiées préhistoriques, on n’est pas convaincu avec sûreté que cette approche soit unique et décisive pour ce problème. Ce qui nous semble très important, c’est une approche socio-économique du problème. Les oppidums, dans leur forme typique, n’avaient pas de conditions préalables pour leur existence dans le cadre de la société préhistorique, primitive, gentilice, parcequ’ils contredisaient ses principes. Les oppidums ne tenaient pas avec conséquence les liens du sang, valables jusqu’à cette époque et mettaient au devant la concentration de la population pour augmenter la production. De cette façon les relations de production commençaient à changer. La construction des oppidums, leur maintien et leurs fonctions économiques et sociales se fondaient sur une organisation développée qui savait concentrer la population, apte pour la production augmentée et pour le trafic : c’était une organisation politique très élaborée. Il s’agissait, à cette époque, d’une société qui se trouvait dans une phase de transition entre une société de type primitif et une société divisée en classes. Le pouvoir bien organisé est témoigné aussi par les noms des souverains inscrits sur les pièces de monnaie. Au milieu des oppidums se manifeste plus qu’auparavant la division du travail basée sur l’habilité des artisans ainsique l’importation de certains produits du milieu antique, ün peut supposer que les oppidums étaient des centres de formations préétatiques. Ce qui nous échappe encore dans l’état actuel de la recherche archéologique, c’est la constatation de l’étendue possible de ces formations politiques, notamment la relation des oppidums et des stations ouvertes de caractère rural dans leurs environs. La situation exposée me semble justifier l’hypothèse que les oppidums sur le territoire de la Tchécoslovaquie et des régions adjacentes ne peuvent être liés, du point de vue génétique, aux stations fortifiées des époques préhistoriques précédentes où la population n’a pas atteint, du point de vue socioéconomique, le degrés où se trouvaient les Celtes au seuil du 1er siècle avant notre ère. Le rôle différent des stations fortifiées préhistoriques et des oppidums est indiqué aussi per le fait que ces stations sont plus nombreuses au milieu de la société préhistorique morcelée que ne le sont les oppidums, peu nombreux dans la société déjà plus développée et concentrée qui était capable d’accéder, au moins en partie, à une vie semiurbaine. Ce sont les conditions économiques et sociales plus progressives qui chez les Celtes d’Europe Centrale déterminent la constitution des oppidums — auparavant, aux époques préhistoriques une agglomération presque urbaine de ce type n’étai pas nécessaire. Les périodes inquiètes ne favorisaient pas la construction des stations fortifiées qui exigeait un 137