Papers and Documents relating to the Foreign Relations of Hungary, Volume 2, 1921 (Budapest, 1946)
Documents
IOO 1921 bonnes relations économiques sont indispensables aux deux pays, surtout à la Tchéco-Slovaquie, car si maintenant, grâce aux circonstances extraordinaires, elle peut trouver des débouchés pour son industrie, cela deviendra avec le temps de plus en plus difficile. C'est que la Tchéco-Slovaquie produit plus coûteusement que l'Allemagne et ne peut réduire ses prix de revient qu'en ayant un grand débouché qui lui permette de spécialiser son industrie. La Hongrie aussi a besoin d'un bon traité de commerce avec la Tchéco-Slovaquie, mais c'est moins urgent. M. Gratz ne nie pas que, aux yeux d'un homme d'Etat avisé, un bon traité de commerce serait très avantageux. Mais comme j'avais eu l'honneur de dire à Votre Excellence, la masse des électeurs qui souffrent de l'hypertrophie politique ne regarde que les avantages territoriaux que la Hongrie pourrait obtenir. M. Gratz croit qu'au cours des discussions, on devra trouver aussi une solution pour la Russie subcarpathique que nous appelons la Rouskowine. Cette question est particulièrement importante, vu le danger immense dû à la présence de nombreuses troupes bolchévistes à la frontière de la Bessarabie. Nous ne pouvons défendre les plaines hongroises qu'en fortifiant les Carpathes rouskowines qui forment de ce côté la seule entrée possible vers la Hongrie. C'est par là aussi que nos ancêtres sont venus et nous avons vu, dans la guerre récente, que cette ligne était toujours la plus précaire". Là-dessus M. Benes me répondit: „II faut que je vous dise que les Bolchévistes n'attaqueront pas au printemps et que l'Etat tchéco-slovaque est militairement tout à fait prêt à les recevoir. Il y a quelques mois, on craignait une invasion des Bolchévistes; alors la Tchéco-Slovaquie a garanti à ses grands Alliés que pas un soldat rouge ne passerait la frontière des Carpathes. Par conséquent, la Hongrie peut rester tranquille. Nous avons dit la même chose à l'Allemagne qui demandait aussi à se défendre ensemble avec nous contre les Bolchévistes. Non, Monsieur, nous n'avons pas été dupes des différentes propositions d'assistance militaire. Les agents diplomatiques ont parlé aux uns et aux autres et, par-ci par-là, les gens de l'Entente ont laissé tomber un mot: nous sommes donc tout à fait renseignés sur le fond de toutes ces assistances." „Mais Votre Excellence sait que l'étoile de guerre ne brillait pas toujours au-dessus des armées tchèques, et si vous êtes battus, alors nous sommes fichus." „Et que voulez-vous ?" ' „Les troupes