Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)
VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris
Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. 451 Trés honorés Messieurs, d’autres je le sais eussent apporté á cette mission les lumiéres qui m’ont manqué, mais aucun ne m’eüt dépassé en zéle et en dévouement pour mon canton. Je fais les vceux les plus ardents pour que la suite me prouve que j’ai pu lui étre utile. Agréez, trés honorés Messieurs, je vous prie, l’expression de ma respectueuse considération. Lausanne, ce 1 mars 1816. de Loys *) Le Conseil d’Etat prend connaissance de ce long rapport le 5 mars et il témoigne aussitőt ä Loys, qui est présent, « sa grande reconnaissance et son entiére satisfaction pour le zéle qu’il a mis ä remplir sa mission, les lumiéres qu’il y a apportées et l’utilité dont eile a été pour le canton »* 2). En vérité, cette utilité n’a pas été bien grande. Loys s’en rend compte lui-méme et c’est ce qui le pousse sans doute, comme aussi la déception que lui ont causé les élections communales du mois de décembre et la position fausse dans laquelle il se trouve, ä donner sa démission de conseiller d’Etat3). Ses collégues s’en rendent compte également, car les difficultés du canton sont loin d’etre passées. Longtemps encore, il aura ä faire aux menées hostiles de Berne 4) et aux plaintes répétées du comte de Talleyrand 5). En dépit de toutes les démarehes et de toutes les promesses, la France de Louis XVIII n’était pas prés de renoncer aux rapports fantaisistes des agents de police et des espions. Celle de Charles X ne le sera pas da vantage 6) et les Vaudois seront rares qui, en 1830, verront avec regret le départ des Bourbons. Ceux qui, dans les derniéres troupes suisses au service de France, demeureront fidéles jusqu’au bout, ce n’est point ä un prince ou ä sa famille qu’ils sont attachés, mais, comme les « sergents pétitionnaires » de 1815 que Loys mettait si volontiers en avant, au ser ment qu’ils ont prété. а) A. C. E., Correspondance secrete, XI. 2) A. C. E., Registre des délibérations secretes, VIII, p. 358. Les frais de la mission de Loys & Paris s’élevérent á six miile six cent soixante-trois francs. 3) Loys mit en avant l’obligation absolue oú il se trouvait de s’occuper personnellement de ses affaires. Pidou et Muret tentérent en vain de le faire revenir sur sa décision. Le 13 mai, sa demande fut communiquée au Grand Conseil, qui élűt ä sa place, le 17 mai, le colonel Emmanuel de Laharpe. A. C. V., Plumitif du Conseil d’Etat, aux dates mentionnées. 4) Cf W. Oechsli, Geschichte der Schweiz im neunzehnten Jahrhundert, II, p. 427—431. B) Cf Marius Perrin, Un incident diplomatique á Moudon en 1816, dans la Revue historique vaudoise, 1928, p. 33 ss. б) Cf W. Oechsli, Eine Denkschrift der Pariser Polizei über die geheimen Verbindungen in der Schweiz 1824, dans le Politisches Jahrbuch, 1912, p. 1—63.