Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)

VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris

448 Biaudet, Le prétexte mérne du séjour de Loys ä Paris disparait quelques jours plus tárd, le 30 j an vier, lorsque la France dénonce le traité de Paris de 1786, qui la liait aux Fischer, et déclare qu’elle va étudier ä nouveau toute la question de ses relations postales avec les cantons 1). II n’y a done plus qu’a rentrer; ce ne sera pas cependant sans que Loys n’ait encore essayé de disculper son canton de nouvelles calomnies. Des élections communales avaient eu lieu á Lausanne et dans tout le canton dans le courant de décembre et les résultats n’en avaient point été ceux-lá qu’attendaient les partisans du nouveau régime: elles avaient été favorables aux libéraux. Le premier, Jean-Samuel de Loys en est mécontent. Ses amis, ceux qu’il conjure depuis longtemps de se rallier au gouvernement, sont écartés des pouvoirs publics. II s’en piaint ä Henri Monod 2) en mérne temps que, dans un nouvel entretien avec le dúc de Richelieu 3), il explique au président du Conseil qu’il ne s’est ági que d’élections communales; il l’assure qu’elles sont sans grande importance et qu’on ne peut rien en inférer quant a celles qui doivent avoir lieu sur le plan cantonal. Le duc de Richelieu n’est convaincu qu’á moitié. « Vous devez sentir notre intérét, dit-il a Loys, ä ce que l’esprit de votre canton sóit bon et sans agitation, ä ce que les calme et la sagesse de vos élections nous assure votre tranquillité et ä ce que nous soyons certains de la réalité des intentions que vous nous montrez. » 4) Un misérable incident, dönt le retentissement est considérable, peut faire douter en effet de la réalité de ces intentions. On apprend á Paris qu’une chanson bonapartiste a été chantée publiquement ä Lausanne, qui est fort inconvenante pour les Bourbons et qui forme des veeux pour un prochain retour de Napoléon. Circonstance aggravante, eile a été chantée au cours d’un diner de la nouvelle municipalité lausannoise par un employé du gouvernement et en présence de deux conseillers d’Etat, qui ne Font point blamée. Tout cela n’était que mensonge, et la chanson l’oeuvre d’un adversaire du gouvernement pour qui tous les moyens étaient bons de diseréditer aux yeux de l’étranger les magistrats de son pays 5). Une assez longue enquéte sera nécessaire pour arriver ä cette conclusion et, d’abord, Loys se trouve dans une position fort embarassante et voit tous ses efforts annulés. Il tonne contre ceux qu’il croit des révolutionnaires et qui entravent la politique du gouverne­ment dönt il fait partié. « Je puis philosophiquement me calmer et me taire quand je suis particulier dans le Canton de Vaud. Mais, conseiller d’Etat, et dans la place que le gouvernement m’a assignée dans ces lieux, mon caractére mérne se trouve intéressé et compromis . . . Vous devez comprendre, M. le landammann, ce que je dois éprouver sur le contraste entre ces faits6) et les paroles que le Conseil me charge de porter. »7). Mais Loys, qui fait ses visites de congé, est beaucoup moins entrepris sur la chanson qu’il n’était en droit de le craindre. Par bonheur pour lui, au mérne moment, un pamphlet contre les nouveaux cantons, et contre le Canton de Vaud plus particuliérement, páráit ä Paris, dédié avec sa permission au dúc d’Angouléme 8). II fait grand bruit, et met le !) Loys ä Pidou, Paris 30 janvier 1816. Ibidem. Malgré toutes les demarches faites á la suite de celles de Loys, le Canton de Vaud ne parvint ä établir des relations postales réguliéres avec la France qu’en 1828 seulement. 2) Minute (s. 1. n. d.) d’une lettre de Loys á Monod, réponse ä ime lettre de Monod ä Loys du 19 décembre 1815. A. C. V., Archives Loys, L 1578 et L 1590. 3) Le 22 janvier 1816. 4) Loys ä Pidou, Paris 23 janvier 1816. A. C. E., Correspondance secréte, XI. 6) Voir notre article «Une chanson bonapartiste, arme politique des conservateurs en 1816 », dans la Revue historique vaudoise, 1949, pp. 138—153. 6) Loys croit que deux de ses collégues ont écouté sans protester la chanson en question. 7) Loys ä Pidou, Paris 27 janvier 1816. A. C. E., Correspondance secréte, XI. 8) « Aux vrais Suisses, ou deuxieme edition de trois brochures dédiée, avec sa permission, d S. A. R. Monseigneur le due d'Angouleme, fils de France », Paris, Lenormant 1816 (par Louis-Rodolphe Müller d’Aarwangen).

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