Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)
VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris
444 Biaudet, Le calme résultant de la sécurité amónera journellement la teinte que le gouvernement frangais páráit désirer. Lui-méme peut y contribuer beaucoup en dormant au Canton de Vaud quelques marques de bienveillance, qui prouvent que les préventions accumulées contre lui ont entiérement cessé. Les inquiétudes qui entretiennent les agitations venant dés lors á cesser, la tendance qui nous porté vers la France ne serait plus génée, le gouvernement royal retrouverait dans les soldats vaudois les mémes sentiments qui ont animó le3 sergents pétitionnaires du mois de mars 1815; et il n’est pas douteux que la manifestation de ces dispositions bienveillantes ne contribuat & faire entrer dans le gouvernement un plus grand nombre de ces grands propriétaires qu’il considere comme offrant une plus forte garantie pour la tranquillité publique dans ces contrées. La loyauté du gouvernement du Canton de Vaud devant ainsi tranquilliser complétement le gouvernement frangais, sans doute que, s’il importé d’obtenir des renseignements sur tels ou tels suspects qui n’ont peut-étre traverse le territoire vaudois que fort rapidement, on aura désormais assez de confiance dans ce gouvernement pour s’adresser directement á lui, sans recourir á ces moyens indirects qui altérent toujours la bonne intelligence. Partout, il se trouve des individus disposés, pour de l’argent, á arborer toutes les couleurs et a proclamer, dans l’ivresse, toutes les opinions. Rendre un pays responsable de pareils accidents serait, sans le vouloir, agir dans le sens des ennemis du Canton de Vaud, qui, souvent, dónoncérent les eris bacchiques de gens qu’ils avaient salariés. Quant aux articles de gazettes étrangéres que la Gazette de Lausanne a pu insórer, on ne doit attribuer leur insertion qu’ä ces deux causes: la precipitation avec laquelle on satisfait dans ce moment l’impatience du public, et le manque de données toujours justes pour le triage de ce qu’on regarde en France comme susceptible d’etre livré k l’impression. Le gouvernement du Canton de Vaud vient, au reste, d’étre instruit de 1’objet de cette plainte et s’empressera dans doute d’aviser aux moyens d’en prévenir le retour 1). » Comme il l’a déjá fait pour sa note au ministre de la Police generale, Loys transmet ä Lausanne la copie du memoire qu’il a adressé au duc de Richelieu 2). Mais ce texte n’est pas encore arrivé ä Lausanne, que déjá il y cause une trés vive émotion. Le Conseil d’Etat ne s’en laisse pas imposer par le fait que Laharpe a pris part á sa rédaction. Avant mérne de 1’avoir vu, le 11 j an vier 1816, il fait savoir ä Loys qu’il lui eut paru préférable de ne pas présenter de notes, « attendu que, s’il était utile d’éclairer le ministre framjais dans des conversations touchant le véritable esprit du canton, ainsi que vous l’avez trés bien fait, il pourrait y avoir des inconvénients et des conséquences graves á remettre des éerits sur un pared objet. Votre sagacité sentira sans doute la différence et combién, en général, il importé de se borner quant aux notes au strict nécessaire » 3). De son cőté, la Commission de police 4) n’approuve pas la note remise a Decazes. Elle estime, eile aussi, qu’il est des choses qu’ü convient de trader verbalement seulement, et eile le fait savoir á Loys 5). Pays de Vaud est gouverné par des gens mal pensant qui ont beaucoup de talent. » Cité par W. Oechsli, Geschichte der Schweiz im neunzehnten Jahrhundert, II, p. 430. q On en voulait & la Gazette de Lausanne de ce qu’elle réfutait tous les faux bruits qui courraient sur le sej our de Joseph Bonaparte dans le Canton de Vaud et de ce qu’elle publiait am compte-rendu détaillé du procés du maréchal Ney. Elle fit paraitre ensuite des articles sur Sainte-Héléne et des notes biographiques sur les régicides proscrits de France. «Vous ne sauriez disconvenir, éerivait le sous-préfet de Saint-Claude au lieutenant du Conseil d’Etat k Nyon le 2 décembre 1815, que la Gazette dite de Lausanne, qui circule habituellement dans nos contrées, ne sóit éerite dans un trés mauvais sens. » (A. C. V., Archives Loys, L 1601, copie). II n’existe aaicune trace d’une intervention des autoritás cantonales auprés d’Antoine Miéville, le rédacteur de la Gazette de Lausanne, ensuite de la plainte transmise par Loys á, Lausanne. 2) « Alin que vous me disiez si vous en approuvez le ton et la teinte. N’ayant d’autre amour propre ici que d’avancer le bien de mon pays, toute observation m’est agréable. » Loys ä Pidou, Paris 6 janvier 1816. A. C. E., Correspondance secréte, XI. Les copies de la lettre et du mémoire sont de la main de Loys, mais elles n’étaient pas jointes ä cette lettre du 6 janvier; elles accompagnérent seulement celle du 18 janvier. 3) Pidou ä Loys, Lausanne 11 janvier 1816. A. C. V., Archives Loys, L 1616. A. C. E., Registre des délibérations secretes, VIII, p. 287. 4) La « commission de police » était une sorte de section du Conseil d’Etat et avait été instituée le 31 janvier 1815. Elle comptait trois membres seulement: le landammann Auguste Pidou et les conseillers Louis Jan et Frangois Clavel. Son secrétaire était le chancelier Boisot et les procés-verbaux de ses séances se trouvent dans les registres des délibérations secrétes du Conseil d’Etat. 5) Pidou ä Loys, Lausanne 13 janvier 1816. A. C. E., Registre des délibérations secrétes, VII, p. 288.