Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)

VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris

Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. 445 Ce dernier cependant n’a pas manqué de poursuivre des démarches si bien engagées. Le 13 janvier, alors qu’il ne sait rien encore de 1’opinion de ses collegues de Lausanne, il a écrit de nouveau au ministre de la Police générale, qu’il avait rencontré la veille et qui, disposé á entrer directement en rapport avec le Conseil d’Etat vaudois, lui avait demandé l’adresse du landammann Pidou J): Monseigneur, Permettez que j’ai l’honneur de remercier encore Votre Excellence de l’acquiessement bienveillant qu’elle a bien voulu dormer ä des communications directes entre eile et le Conseil d’Etat du Canton de Vaud. Je sens tout le prix de cette promesse, Monseigneur, et parce que j’y vois un gage assuré de la confiance méritée que Votre Excellence place dans le gouvernement de mon canton, et parce que je la sais un moyen assuré d’éclairer le passé, d’assurer l’avenir. Dans ce nouvel état de choses, Monseigneur, des intermédiaires ennemis ne pourront plus troubler l’harmonie naturelle et utile aux deux pays, vivement désirée par le mien. Tls n’égareront plus les opérations de la police, bien loin de les faciliter, ce qui n’est pas au reste leur premier besoin. Alors je suis certain, Monseigneur, que vous reconnaitrez par vous-méme 1’inclination naturelle des Vaudois et de leur Conseil d’Etat pour les Frangais en général et pour leur gouvernement actuel en particulier. Veuillez done, Monseigneur, correspondre directement avec Monsieur A. Pidou, notre landammann en charge. II présente la garantie personnelle la plus respectable et il préside un comité secret trés réservé * 2) qui offre aussi á Votre Excellence, par les lumiéres et les vertus de ses membres, tous les gages qui méritent la confiance que vous daignez nous accorder. Veuillez bien vous adresser ä lui, Monseigneur, chaque fois que vous désirerez obtenir des renseignements qui importeraient á, la tranquillité de la France ou qui, seulement, vous paraitraient utiles dans une mesure quelconque. J’ose vous demander plus, Monseigneur. Me confiant dans 1’accueil bienveillant de Votre Excellence, assuré de faire ainsi luire la vérité et d’affermir les liens naturels qui unissent nos deux pays, j’ose vous prier, Monseigneur, qu’en évitation de soupgons suggérés et de plaintes supposées, auxquelles nous n’avons été que trop injustement en butte, vous vouliez bien nous y soustraire en les faisant connaitre directement ä M. le Landammann, qui s’empressera, j’en suis sür, de mettre au jour la loyauté de nos actions et la franchise de notre conduite. Et si j’ai bien senti l’entier de vos bienveillantes intentions, vous consentiriez de mérne que M. le Landammann prit franchement l’initiative dans le cas oü il éprouverait que la malveillance intéressée altére encore les faits pour dénaturer nos opinions réelles. Nous vous devrons ainsi, Monseigneur, de pouvoir mettre en évidence nos vrais sentiments, et nous vous en avons déjá une sincere reconnaissance . . . Adresse: Au Trés Honoré Monsieur A. Pidou, Landammann en charge du Canton de Vaud, á Lausanne 3). Cette fois, le Conseil d’Etat estime que son représentant ä Paris va décidément trop loin. II lui écrit trés énergiquement. S’il le remercie pour tout le zéle qu’il déploie dans sa mission, et pour les résultats qu’il a déjá obtenus 4), il lui rappelle avec fermeté que c’est l’indépendance du canton qu’il convient, avant tout, de sauvegarder: ... Le Conseil d’Etat a vu avec un vif intérét et beaucoup de satisfaction le zéle que vous mettez et la peine que vous donnez pour chercher, dans des conversations, á rectifier les opinions erronées qui peuvent exister á l’égard de ce canton. On a déjá ressenti les bons effets d’une diminution des preventions en ce que nous avons lieu de penser que l’espionnage a cessé sur notre frontiére et que l’on commence á erőire que les contes qui se débitaient méchamment sur le séjour chez nous de Joseph Bonaparte sont dénués de fondement. Sous ce rapport, le Conseil d’Etat apprécie toute l’utilité de vos démarches et des explications verbales que vous pouvez donner ä chaque moment sur tous les objets qui interessent la France á raison de son voisinage du Canton de Vaud. b « J’ai cru devoir joindre á l’adresse qu’il me demandait le ressouvenir de quelques vérités qu’il est bon d’ancrer. . . . J’espére que le Conseil y verra aussi de l’utilité. » Loys á Pidou, Paris 16 janvier 1816. A. C. E., Correspondance secréte, XI. 2) II s’agit de la «commission de police »; voir ci-dessus, p. 444, n. 4. 3) Copie (de la main de Loys) jointe á la lettre du 16 janvier 1816. A. C. E., Correspondance secréte, XI. 4) Une lettre du juge de paix de Nyon en date du 17 janvier 1816, et dont le Conseil d’Etat avait pris connaissance dans sa séance du 18, annongait qu’un agent supérieur de la police frangaise, qui venait de passer par le pays, avait présenté ä son retour en France un rapport favorable sur le Canton de Vaud. A. C. E., Registre des délibérations secrétes, VIII, p. 298.

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