Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)

VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris

Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. 443 tranquillité, sont tolérées sciemment dans le Canton de Vaud. Mais ce sont Iá encore des accusations dues á la seule malveillance, qu’on ne peut laisser subsister sans blesser profondément le gouverne- ment et le peuple de ce canton. Le Conseil d’Etat n’a rien épargné pour satisfaire á ce qu’on demandait de lui, et ce qui vaut la peine d’étre relevé, c’est que les seuls individus désignés arrétés en Suisse l’ont été par cette police vaudoise si injustement ealomniée. Des preuves aussi évidentes ne lui ont cependant valu, jusqu’ici, que des persécutions de la part de quelques autorités frangaises qui persistent encore á soutenir que Joseph Buonaparte est caché sous sa protection dans le Canton de Vaud. Une persévérance aussi malveillante dérive sans doute des informations mensongéres que ces employés des polices départementales regoivent de la part des polices étrangéres ou d’individus qui veulent se faire un mérite de leur surveillance active aux dépens du Canton de Vaud. Quoiqu’il fut constant que Joseph Buonaparte n’avait plus remis le pied sur le sol vaudois depuis la seconde chute de son frére, le Canton de Vaud s’est vu obligé de répondre aux employés de la police frangaise: «Venez vous-mémes, indiquez la retraite de cet hőmmé; nous mettons á votre disposition tous les moyens de l’arréter ». Us sont venus en effet, mais pour ne donner que des renseignements aussi vagues que ridicules. Des plaintes formelles ont été transmises contre deux de ces employés á Son Excellence le ministre de la Police générale 1). II n’a pás tenu d’ailleurs á ces malveillants d’exciter des troubles dans le Canton de Vaud. Tout ce qu’il fallait faire pour cela, ils l’ont fait. Voyant combién les habitants tenaient á la conservation de leur indépendance cantonale, ils n’ont rien omis pour leur persuader qu’elle ne survivrait point á l’Acte de Médiation qui l’avait jadis garantie, et les événements du mois de décembre 1813 et les suivants étaient, il faut l’avouer, de nature á justifier leurs prédictions. Heureusement, le gouvernement du Canton de Vaud, comptant sur la déclaration du Congrés de Vienne qui garantit l’existence indépendante du Canton de Vaud, mettant sa confiance dans la parole sacrée du Roi, a dissipé les alarmes de ses ressortissants. Et la sanction donnée récemment par Sa Majesté aux actes qui garantissent l’indépendance de la Suisse entiére dans son état actuel 2) a fait naitre de nouveaux liens de reconnaissance. Les habitants du Canton de Vaud y tiennent unanimement et fortement, ils y trouvent leur honneur et leur bonheur, et ils sont préts ä tous les sacrifices pour la maintenir. Ces sentiments, manifestos avec la chaleur qui accompagne toujours la crainte de perdre ce qu’on chérit, ont été intervertis par des personnes intéressées, pour leur propre compte, á induire en erreur. Elles savent trés bien que lorsque notre vraie position et nos véritables sentiments seront mieux connus du gouvernement royal de France, le Canton de Vaud lui inspirera quelque intérét de plus. En effet, les rapports de ce canton avec la France méritent bien plus de fixer l’attention de cette puissance que lorsque ce pays faisait partié de la République de Berne. Piacé entre la France et l’Italie, le Canton de Vaud n’est pás seulement 1’un des plus peuplés de la Suisse, il est de beaucoup le plus considérable des trois qui parient la langue frangaise. Séparé de la France par la chaíne du Mont Jura, ses habitants se trouvent perpétuellement en contact avec ceux des départements frangais limitrophes et soutiennent avec eux des relations d’amitié et de commerce si multipliées, que les habitudes, les usages et les moeurs des deux peuples sont á peu prés les mémes. Des rapports aussi intimes doivent les intéresser réciproquement á resserrer toujours plus les liens du bon voisinage, et il faudrait étre bien prévenu pour ne pás demeurer convaincu que les habitants du Canton de Vaud, rassurés désormais sur leur existence cantonale par la sanction que Sa Majesté Louis XVIII lui a donnée, doivent sentir combién ils sont intéressés á se montrer, comme ils le furent toujours, les amis sincéres de la France. Ceux qui voient avec peine notre existence cantonale peuvent bien donner des noms odieux á l’esprit qui anime la population vaudoise, mais cet esprit prétendu révolutionnaire n’est que l’expression toute simple, désirable en tout pays, qui lie un citoyen au sort de sa patrie, attachement d’autant plus sincére que cette patrie lui assure de plus grands biens, d’autant plus vif que la perte de ceux-ci le rendrait plus complétement malheureux. Tels sont les sentiments qui attachent la population entiére du Canton de Vaud á l’indépendance et á la liberté raisonnable dönt eile jouit et qui la font prospérer. Si, appréciée de loin, cette volonté a paru trop expansive, c’est aux conjonctures seules qu’il faut l’attribuer; mais c’est aussi á cette volonté de maintenir ce qui existe que sont dues l’énergie, l’ardeur militaire, la force compacte et le dévouement au gouvernement, qui rendent ce canton un des plus forts de la Suisse 3). 1) Allusion á sa démarche du 22 décembre auprés du ministre de la Police générale. 2) Allusion á l’Acte de reconnaissance et de garantie de la neutralité perpétuelle de la Suisse et de l’inviolabilité de son territoire, signé á Paris le 20 novembre 1815. 3) Auguste de Talleyrand avouait au due de Richelieu, le 15 juillet 1816, combién il était étonné « de voir ce canton (le Canton de Vaud) trés bien administré, les routes parfaitement entretenues, le militaire trés bien organisé, les finances dans le meilleur état, les impőts presque rien, et que le gouvernement a íme force et une idée de sa force qui n’existe dans aucun autre canton »; et il concluait: « on peut dire que le

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