Leo Santifaller: Ergänzungsband 2/2. Festschrift zur Feier des 200 jährigen Bestandes des HHStA 2 Bände (1951)

VII. Allgemeine und österreichische Geschichte. - 74. Jean-Charles Biaudet (Lausanne): Le Canton de Vaud et les Bourbons en 1815. La mission de Jean-Samuel de Loys á Paris

442 Biaudet, Du veritable esprit du gouvemement du Canton de Vaud et de ses habitants envers la France et la dynastie royale de la Maison de Bourbon. Le gouvernement du Canton de Vaud éprouve les effets pénible3 de preventions qu’il n’a point méritées. On cherche ä le représenter au gouvernement royal comme imbu de principes et de souvenirs contraires aux intéréts de la Maison de Bourbon, et cependant les protocoles de ses séances et ses actes publics attestent également qu’il est resté fidélement attaché ä la cause générale de l’Europe. Les orages qui, au commencement de cette année, grondaient autour du Canton de Vaud, du cőté de l’Italie et de la France, quelque menagants qu’ils fussent, n’altérérent ni la marche de son gouvernement, ni le calme de ses habitants. Des faits authentiques prouvent au contraire que ce gouvernement a soutenu loyalement et avec empressement la cause royale au moment de la crise du mois de mars dernier. Ce fut lui qui s’empressa d’envoyer des armes ä Geneve, qui en manquait, au moment oü Ton eut l’avis que Buonaparte voulait tourner ses pas du cőté de cette ville et s’approcher, par conséquent, du Canton de Vaud 4); mesure décisive, attestant un parti pris irróvocablement et que les circonstances critiques de ce moment-lä devaient faire mieux apprécier, si l’on se rappelait la stupeur universelle. Telle fut la réponse du Conseil d’Etat aux calomniateurs du Canton de Vaud, teile fut l’attitude ferme, calme, d’un petit pays entouré de volcans dönt l’erruption pouvait étre décidée par sa position, si sa nombreuse élite, bien armée et bien exercée avait eu les sentiments que ses ennemis lui prétaient. Ils taisent sciemment cet acte manifeste et probant, et vont, puisant des moyens de nuire dans des suppositions fausses, dans les actions de quelques individus isolés, ou dans des faits tronqués qui paraitraient dans leur vrai jour sans ces suppressions condamnables. Si le conseil souverain du Canton de Vaud a cru, par exemple, que deux cent soixante années de paix, dues au maintien de la neutralité, méritaient de ne point abandonner á la légére cette neutralité que la Déclaration de Vienne vénáit de consacrer * 2), s’il a voté franchement pour interdire aux armées étrangéres le passage par le territoire suisse, il s’est, en échange, empressé d’envoyer l’un des premiers son contingent, dés que la Diéte eut prononcé que la neutralité ne pouvait avoir lieu dans cette circonstance extraordinaire 3 4). Ce contingent, marchant alors avec zéle dans le sens de la cause royale, et ne faisant jamais attendre un jour les hommes nécessaires, s’est comporté, dans les départements limitrophes de nos frontiéres, avec les qualités militaires qu’on lui reconnait et avec les sentiments fraternels qu’il porté aux Fran^ais ses voisins 4). La conduite des habitants du Canton de Vaud a été tout aussi louable en terre étrangére. Le tiers des soldats dans les régiments suisses qui refusérent de se joindre á Buonaparte étaient Vaudois, et ils l’ótaient aussi ces deux braves sergents qui, dans la cour des Tuileries, osérent présenter la pétition tendante & obtenir la liberté du retour en Suisse 5). Tel est l’esprit qu’ils avaient puisé dans leur patrie, tel est célúi que le Roi leur trouvera toujours. Cependant nos ennemis cherchent ä faire illusion au gouvernement franyais sur nos véritables dispositions. Ils s’efforcent de lui persuader que des personnes suspectes, qui pourraient nuire ä sa 4) C’est le 9 mars 1815 que le Conseil d’Etat apprit, par íme lettre du gouvernement de Génévé du mérne jour envoyée par courrier extraordinaire, que Napoléon avait débarqué au Golfe Juan et qu’il se trouvait déjá ä Grenoble. Génévé demandait des fusils et de la poudre. Le 11, le Canton de Vaud lui accorda deux cent cinquante fusils et trente mille cartouches. A. C. E., Registre des délibérations secrétes, VIII, p. 317 et 329. 2) La déclaration de Vienne qui garantit la neutralité de la Suisse est du 20 mars 1815. 3) C’est le 20 mai 1815 que la Diéte fédérale, malgré les protestations énergiques du député vaudois Jules Muret, abandonna la neutralité et souscrivit, par treize voix, á un arrangement qui était une sorte d’alliance avec les Alliés contre la France. Cette convention entra en vigueur le 12 juin. 4) « Les troupes vaudoises se distinguérent (en Franche-Comté) par leur bonne conduite et par leur exacte discipline; elles revinrent de France les mains vides. » Mémoires inédits du chancelier Boisot, II, p. 38. 5) Fidéles au serment qu’elles avaient prété ä Louis XVIII, les troupes suisses au service de France refusérent, en mars 1815, de passer sous les ordres de Napoléon. La Diéte leur ordonna de rentrer en Suisse. Les officiers durent partir les premiers et, comme on faisait intentionnellement trainer le départ des hommes eux-mémes, cinq sous-officiers du deuxiéme régiment, Francois Panchaud, Auguste Boréi, Joseph Bourguignon, David Bonjour, tous Vaudois, et Jacques Ducoster, de Génévé, prirent sur eux de s’adresser directement á l’empereur lors d’une revue qu’il passait dans la petite cour des Tuileries; et ils obtinrent de pouvoir partir avec leurs soldats. Celui qui prit la parole semble avoir été le Genevois Ducoster. Cf A. Maag, Geschichte der Schweizertruppen in französischen Diensten 1813—1815, Biel 1894, p. 313, qui corrige H. de Schaller, Histoire des troupes suisses au service de France sous le regne de Napoléon Ier, Lausanne 1883, p. 203.

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