Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

MARTONYI ÉVA: Le lys dans la vallée d'Honoré de Balzac et le roman d'apprentissage européen

Le lys dans la vallée cl'Honoré de Balzac et le roman d'apprentissage européen 95 Baldensperger, dans son livre intitule Orientations étrangéres chez Balzac nous présente un réve, une idée plutőt utopique, néanmoins tout ä fait significative : « Faut-il déplorer [. . .], qu'il (Goethe) n'ait point eu l'occasion de venir ä Paris et d'y passer six mois, comme tant d'illustres étrangers devenus nőtres ? [.. .] Napoléon, en 1808, le pressa vivement de se fixer dans sa capitale, et Talma garantissait ä l'auteur de Werther la faveur enthousiaste des Parisiennes. Plus tard encore, vers 1825, [. . .] le poéte de Faust n'eüt pas manqué de trouver une réception chaleureuse auprés des plus avisés [...]. On imagine assez bien sa visite au Paris cultivé de ce temps [. . .]. Quelques hotels aristo er atiques ou bourgeois, quelques bureaux de rédaction auraient fété, soit l'écrivain, soit l'ami d'un grand due [...]. » 9 Rencontre de Balzac et Goethe ? On a le droit de réver, mais il serait vraiment trop hardi d'imaginer une rencontre entre le jeune Balzac et le Maitre qui mourra d'ailleurs en 1832, ä l'áge de 83 ans, juste au moment ou Balzac fait ses premiers pas vers la gloire littéraire. Toujours est-il que Goethe est d'abord connu en Prance comme « l'auteur de Werther », puis plus tard il deviendra « le poéte de Faust » et tout le reste de son oeuvre immense reste en dehors des préoccupations de la plupart des critiques littéraires et du public. Or, Balzac ne se contente pas des idées regues et il fera usage de ses connaissances des oeuvres de Goethe tout au long de sa carriére d'écrivain. Or, les tentations du wertherisme de sa jeunesse seront abandonnées plus tard au profit de la lecon napoléonienne de la volonté et de la puissance. D'ailleurs, un anecdote tout ä fait significatif fut rapporté sur ce sujet que nous pouvons lire ä la fin de l'édition citée du Lys dans la vallée : « Quatre ans aprés le passage ä Weimar de Mme de Staél et de Constant, Napoléon, traversant l'Allemagne en conquérant, s'arrétait ä Erfurt [. . .]. Goethe était mandé chez l'Empereur : premiere entre vue [. . .] ou, durant ä peu prés une heure, les deux héros s'entretinrent de littérature et d'histoire, de Werther que Napoléon examine avec la compétence d'une lecture répétée [.. .] ». La principale objection qu'il faisait ä Werther c'était que le héros fut poussé au suicide autant par ambition froissée que par amour ; le drame fataliste lui paraissait une absurdité : « le destin, c'est la politique ». 1( ) Balzac dans Le Lys dans la vallée met en scene un personnage qui a bien écouté la legon de Napoléon : effectivement, aprés avoir accompli ses années de formation, parcouru son chemin d'apprentissage et d'épreuves, Félix de Vandenesse réussira dans la vie et pourra dire en évoquant son 9 Fernand Baldensperger, Goethe en France, Paris, Librairie Hachette, 1904. 1 0 Ibid. p. 65.

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