Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)
EROSS GÁBOR: Représentations cinématographiques de l'Histoire de France. Obsession mémorielle ou image-temps ?
84 Erőss Gábor films d'inspiration biographique, sans rencontrer un accueil favorable de la part du public ; ainsi, dés leur deuxiéme film, ils essaient des adaptations de romans [. . .] >>. 1 6 En parlant des scénaristes, nous citerons un nom, ä titre d'exemple : celui de Daniéle Thomson qui a été co-scénariste de La grandé vadrouille avant de faire de mérne pour le film de Chéreau, La Reine Margot prés de 30 ans plus tard ! Cet exemple illustre la continuité latente des schémas d'intrigue, la constance des schémas de perception de l'Histoire au sein d'un champ cinématographique somme toute moins changeant que l'apparition des cinéastes inspirés ou « produits » par le Nouveau roman ne l'a laissé croire : « Alexandre Dumas revu et corrigé par Daniéle Thomson qui fait certes mieux qu'avec La Grande vadrouille ou La boum , mais sa vision est quand mérne fort superficielle face aux enjeux des guerres de religion. » 1 7 De nos jours, « l'Histoire » sur grand écran peut créer « l'événement » culturel, et ce de quatre maniéres différentes. La premiére correspond aux vieux schémas de la culture populaire : gros budget avec distribution de réve, distraction garantie et succés au box office ( Astérix et Cléopátre). La seconde fagon de transformer des films historiques en un « événement culturel » est illustrée par Amen de Costa-Gavras : avec son lot de « polémiques » sur l'exactitude historique, la portée politique, etc. Et la troisiéme modalité : la consecration : Polanski, réalisateur polonoaméricano-frangais devient lauréat du festival de Cannes avec Le Pianiste. Une quatriéme modalité est celle quand on prétend que tel film historique n'est en réalité que le support d'une réflexion sur des « sujets de société » : quand Patrice Chéreau met en scene le XVP siécle de La Reine Margot (1994), pour certains comment ateurs, il se soucie peu de l'histoire et moins encore d'Alexandre Dumas 1 8 : il livre une méditation au présent sur la violence et la mort, dans la lumiére brouillée de la folie, du SID A et des massacres en Bosnie. 1 9 Cette stratégie « d'actualisation » est une des fagons de priver l'histoire de sa « passéité » propre, la rendre présent, pour le meilleur et pour le pire. En effet, un certain nombre de films sur la Seconde Guerre mondiale, 1 6 René, Prédál, Le cinéma frangais depuis 1945 ; Nathan, Paris, 1991, p. 224. 17 René Prédál, op. cit., p. 750. 18 Dumas et les « feuilletonistes » du XIX e siécle ont d'ailleurs déja inventé un certain nombre de procédés, de mises en récit de l'histoire qui réapparaissent dans le cinéma frangais un siécle plus tard. 1 9 cf. Jean-Pierre Jeancolas, « Cinéma et Histoire », Encyclopadia Universalis France, 1997, déja cité.