Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)
EROSS GÁBOR: Représentations cinématographiques de l'Histoire de France. Obsession mémorielle ou image-temps ?
Repr esentations cinématographiques de 1'Histoire de France. 83 avions un Vieux fusil en cas de besoin et de maliieur. Et nous qui avons tous passé notre enfance dans un Midi idyllique, au Chateau de ma mere (Yves Robert, 1990), la mere de Pagnol. Quand Antoine de Baecque évoque « Francois Truffaut face ä son histoire >> 1 3, il s'agit des aspects autobiographiques de certains films de Truffaut, dont notamment La chambre verte (et évidemment Les quatre cent coups), ou du projet du Scenario de ma vie, resté inachevé. Mais pas de Truffaut traversant l'Histoire. Truffaut met son passé au présent et place par lä VHistoire sous le signe du Méme. De méme : est-ce que les procés Touvier ou Papon et les vives polémiques autour du passé vichyste de la France ont fait naitre des films ? Non. Est-ce que la condamnation solennelle de l'esclavage par l'Assemblée nationale a attiré l'attention des cinéastes sur le passé colonial de la France ? 1 4 Est/ce que le débat sur la torture en Algérie sera accompagné de films sur cette guerre-la ? C'est peu probable (Le petit sóidat et L'honneur d'un capitaine auraient-ils tout dit ?). Est-ce que l'hommage tardif rendu par Lionel Jospin aux fusillés pour l'exemple de la Grande Guerre et la polémique qui s'en est suivie ont fait braquer les projecteurs de cinéma sur ce théme ? Non plus. Certes, le cinéma frangais est hanté par un certain nombre de themes qui reviennent sans cesse. Ainsi, non content du film trés réussi de Robert Bresson, Le journal d'un curé de campagne, Maurice Pialat reprend le méme roman de Bernanos pour réaliser Sous le soleil de Satan. D'autres exemples de thémes trés souvent traités : Napoléon, Jeanne d'Arc 1 5, Germinal, la Ré volution, etc. Le choix des scénarios est déterminant. Or ceux-ci sont souvent tirés d'oeuvres littéraires autonomes (non destinés ä un tel usage). En France, ni la littérature contemporaine, ni les scénarios d'inspiration personnelle ne sont trés présentes : on préfére les « valeurs sűres » comme Dumas ou Balzac : « Les appréhensions ä l'égard des oeuvres d'inspiration biographique font revenir le film frangais vers des scénarios en régies sans risques financiers [. . .] beaucoup de jeunes réalisateurs ont commence leur carriére avec des 13 Antoine de Baecque, « Francois Truffaut face a son histoire », in « Le cinéma face ä l'Histoire », sous la direction de Christian Delage, Vertigo, N £ 16, 1997, pp. 132—139. 1 4 Sucre arner (Christian Lara, 1997), film sur l'esclavage, son abolition et son rétablissement, etc. en Guadeloupe est un des trés rares films sur ce théme, antérieur au débat dans l'hémicycle du Palais-Bourbon. 15 cf. Sylvie Lindeperg parle de « la figure la plus souvent traitée par le cinéma », Sylvie Lindeperg « Jeanne k l'écran, a travers les äges de l'image », in Le Monde, 12 avril 2000, p. 28.