Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)
EROSS GÁBOR: Représentations cinématographiques de l'Histoire de France. Obsession mémorielle ou image-temps ?
80 Erőss Gábor du reste des representations et du reste de la société, il faut relier la représentation de l'Histoire ä son contexte culturel et politique. 1. « Obsession mémorielle » ? Deux citations ä 25 ans d'intervalles nous permettront de dégager cette constante : en dépit d'une production de films ä théme historique assez importante au total (presque par simple efFet mécanique : l'industrie cinématographique a été si féconde qu'il ne pouvait pas ne pas y avoir de films historiques), l'Histoire n'est pas un centre d'intérét majeur pour le cinéma frangais en tant que champ autonome de production de longs métrages. La premiére phrase est d'un cinéaste qui — y faisant exception — confirma cette regie : « Je ne pense pas qu'entre Tavernier et moi il y ait eu beaucoup de cinéastes qui aient marqué un réel intérét pour le film historique. » 3 En deuxiéme nous citerons Jean-Pierre Jeancolas qui dresse en un paragraphe ce constat de carence : « Ce désintérét n'est probablement pas hmité ä la période 1940—45. C'est tout le cinéma tourné vers le passé (vers l'Histoire) qui semble atteint. Ce ne sont pas les évocations de Beaumachais (Edouard Molinaro), de Jeanne d'Arc (par Luc Besson) ou de Vercingétorix (par Jacques Dorfman) voire de la Revolution (par Eric Rohmer) qui suffiront ä me démentir. La Commune de Peter Watkins reste, ä tous égards, une magnifique exception. Le cinéma frangais, qui n'a jamais beaucoup pratiqué le cinéma de l'Histoire, et plus particuliérement le cinéma des jeunes auteurs, se satisfait visiblement de son présent. » 4 Ces phrases concourent ä la remise en question d'un truisme, celui de la « mémo-conj one tűre » supposée dans le cinéma frangais, paralléle ä la vague mémorielle qui s'observe dans d'autres domaines culturels dans les années 1970, 80 et 90. De Gaulle, symbole et garant d'une certaine Histoire quitte la scéne en 1969. Les films comme Le chagrin et la pitié (69), Lacombe Lucien (74) se succédent et se ressemblent sur un point au moins : ils s 'inseri vent en faux contre la vision gaullocommunis te de l'Histoire en général et de la Seconde Guerre mondiale en particulier. (Gaullistes et communistes étaient d'accord pour substituer la Résistance ä la collaboration et ä Vichy dans la mémoire historique officielle de la Nation). Progressivement, toute une série de débats René Allio, lors d'une table ronde en presence de Marc Ferro, Philippe Joutard, Emmanuelle Le Roy Ladurie. in Positif, janvier 1977, p. 4—5. 4 Jean-Pierre Jeancolas, « De l'histoire ancienne ? », in Positif, janvier 2002, p. 95.