Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)
EROSS GÁBOR: Représentations cinématographiques de l'Histoire de France. Obsession mémorielle ou image-temps ?
Representations cinématographiques de 1'Histoire de France. 81 sur d'autres périodes historiques s'enclenchent (la Révolution, l'esclavage, la colonisation, les « fusillés pour l'exemple », le genocide arménien.. .), dont á la fois le systéme politique et la presse se saisissent (l'espace public au sens de Jürgen Habermas). Par « contrecoup », dans les années 1990 xm débat sur le « trop d'histoire », l'histoire qui « ne passe pas », « l'obsession mémorielle » fait rage. Ceux qui parlent « d'obsession mémorielle » estiment que la Guerre est finie, qu'il faut dépasser les débats sur Vichy : « Mais aujourd'hui ? Le devoir de mémoire donne-t-ille droit d'instruire un procés perpétuel ä la génération de la guerre ? D'autant que, pour la nötre, l'obsession du passé, de ce passé-la, n'est qu'un substitut aux urgences du présent. Ou, pis encore, un refus de l'avenir. » 5 A l'opposé, ceux qui revendiquent le « droit de mémoire » peuvent arguer du droit (établi au lendemain de la Seconde Guerre mondiale) qui ne connait pas la prescription dans le cas des crimes contre l'humanité, ou surtout rappeler les enseignements ä tirer du passé. L'Histoire irrigue le présent : le passé « . . .c'est comme une source. . . ». 6 La « passéité » 7 du passé suppose la rupture, tandis que la representation, au contraire suppose la possibilité (le devoir ?) de le rendre présent. Mais paradoxalement, les querelies politico-médiatiques autour de l'Histoire affectent peu (en tout cas surement pas directement) le champ autonome qu'est celui du cinéma. Entre Au revoir les enfants ! de Louis Malle (1987) et De l'histoire ancienne d'Orso Miret (2000), il n'y a pas eu beaucoup de films (de long métrage de fiction) importants sur le théme de la Seconde Guerre mondiale par exemple : « Semaine apres semaine, les journalistes d'investigation fouillent le passé, relayés par des avocats ou des historiens [. . .]. Au point qu'il ne faut pas s'étonner que le cinéma frangais s'intéresse encore aux années de la Seconde Guerre mondiale. II faut s'étonner qu'il ne s'y intéresse pas plus. » 8 L'idée d 'obsession mémorielle était la thése centrale d'Henry Rousso. 9 5 TT ' Henry Rousso, Eric Conan, Vichy un passé qui ne passe pas, Gallimard, Paris, 1996 (1994), p.423. Claude Lanzmann, Le Monde des débats, Mai 2000, p. 16. L'expression est de Paul Ricoeur ( Temps et récit) et retraduit en frangais le terme allem and a suffixe. g Jean-Pierre Jeancolas, « Fonction du témoignage 2. Le cinéma frangais et l'occupation », Positif, octobre 1995, p. 17. 9 Henry Rousso, Le syndrome de Vichy, de 1944 ö nos jours, Paris, Seuil, 1990 (1987), pp. 155-250.