Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)
PALLAI MÁRIA: La métamorphose dans le théátre baroque et le théátre de l'absurde
Les chansons d'amour de Guiraut Riquier — a qui ? 155 qui semble probable, c'est la forte opposition entre l'état actuel et tout ce qui est représenté par la Dame. L'expression est inhabituelle, en elle-méme aussi. Le soulagement, le réconfort n'est pas seulement agréable, ou en plus joli, gai, mais : beau. L'adjectif et le nom appaxtiennent l'un á l'autre, et portent sans doute quelque chose de plus, ä cause de quoi justement cette expression s'avéra convenable pour l'auteur, refléta la intentionem auctoris. Une interprétation d'analyse profonde se pose comme solution possible : selon nos connaissances et probablement Celles de Guiraut Riquier, l'idéal poétique était de louer les traits de caractére de la dame aimée, et du point de vue extérieur, et du point de vue intérieur. Jusqu'au point examine, la majorité des expressions de la louange Oriente l'attention aux valeurs intérieures de la Dame chantée, c'est-ä-dire, selon la tradition : de la Vierge Marie. Bien que la louange de sa beauté extérieure semblát étrange ä son personnage, il était inévitable pour un troubadour de ne pas mentionner au moins, que la Dame louée, en plus de ses valeurs intérieures, était vraiment belle — d'un point de vue terrestre. Ainsi peut-on voir derriere cette expression étonnante une dévotion amoureuse personnelle cachée, toute pure, envers la Dame, la Mere du Dieu, l'idée et l'archétype de toutes les femmes chrétiennes. Cependant, Guiraut Riquier dépasse ce point. Que cet amour soit vraiment divin, montre bien la derniére ligne de la septiéme strophe, déja citée plus haut, qui est, ä mon avis, la pointe du poéme : « Quar per s'amor crey cert que totz bes venha. » 48) L'amour représente done l'origine de tout ce qui est bien dans le monde, soit ici-bas, soit dans l'au-delä. En ce qui concerne done l'activité et la fonction essentielle de la Dame, eile est présentée comme si elle était toute pareille ä Dieu. Ainsi s'agit-il d'une hypercompensation de la part du poéte qui, pour éviter tout soupgon d'hérésie, täche de rapprocher la poésie de la fin'amor ä la poésie religieuse, mystique. 1 3 Tout cela réussit si bien, que Guiraut Riquier tombe dans une autre hérésie : au heu de pratiquer la fin'amor traditionnelle, condamnée il y a des années, il divinise la Dame, la Vierge Marie, ce qui est aussi quand mérne bien contraire ä la doctrine orthodoxe. Par rapport ä la ligne ci-dessus, l'envoi met un pas en axriére parce qu'il ne supplie que de l'intercession. . . Guiraut Riquier semble partir de l'une « extrémité » et arriver ä une autre : de participer ä la conception des poémes troubadouresques conventionnels , jusqu'ä la satisfaction des nouvelles exigences, influencées 1 3 Les deux adjectifs ne sont pas du tout interchangeables. Je mets mystique, car il s'agit d'une rencontre mystérieuse et d'un rapport amoureux entre le poéte et la dame ; cette derniére, en plus, est la personne feminine la plus importante du christianisme.