Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)
PALLAI MÁRIA: La métamorphose dans le théátre baroque et le théátre de l'absurde
154 Majorossy Imre Gábor Par le fait que Guiraut Riquier continue tout de mérne la louange, du point de vue formel, il s'engage vraiment dans une contradiction, mais d'un point de vue plus profond, il retrouve une issue pour continuer, pour rendre encore possible et authentique l'étre comme poéte. L'authenticité dans ce cas-lä, veut dire en mérne temps une sorte d'excellence morale personnelle, qui est le don gratuit de la Dame. Encore un pas vers la divinisation de la figure louée : mérne la capacité de rester fidéle aux lois du Dieu depend de l'attention personnelle ä Elle : « No puesc pecar, que Midons mi sovenha. » 32) Les signes qui montrent un procédé vers la divinisation de la Vierge Marie se multiplient pas ä pas. Dans la strophe suivante, la plupart du texte est occupée pax la description des attributs divins, dont le centre est la beauté parfaite de la Dame — pour nous rappeler que l'on lit/ecoute un poéme troubadouresque. .. Le sommet de la gradation se trouve dans la cinquiéme strophe oil la fréquence des adjectifs et toute l'énumération des caractéristiques essentielles préparent l'invention poétique personnelle, l'expression par laquelle le troubadour contribue ä la louange traditionnelle. Dans la sixiéme strophe se présente la nouveauté, par laquelle le troubadour dédie la révérence illimitée du poéte pour la Dame : « Ma dona puesc nomnar ben per dever Mon 'Belli Deport', » 42) Les trois mots en it ah que prouvent que les cinq strophes précédentes n'étaient qu'une longue prépaxation pour oser mettre ce nouvel élément de litanie. Cet acte semble sans doute un signe de la fierté du troubadour : lui aussi fait quelque chose pour le culte, pour la création et la perfection de cette énumération. 1 1 La fierté est double : d'une part poétique, d'autre part religieuse ; ä cause de la capacité de louer d'une fagon nouvelle et ä cause de la participation ä la louange mérne. Quant ä l'interprétation 1 2 done, ce 1 1 Ce qui parait bien clair, e'est que l'énumération dans la cinquiéme strophe ressemble ä une litanie En mérne temps, les traits sont plus « forts » et préparent les derniéres strophes. Car deux noms, parmi ceux qui figurent ici, sont des attributs du Saint Esprit (sen, saber). 12 Avant de continuer, il vaut la peine de se souvenir de l'importance de l'image du port au Moyen Age. Symbole du repos, de la tranquillité, de l'abri contre toutes sortes de dangers et de tribulations du monde, le port représenta tout d'abord le salut, la vie éternelle dans l'au-dela. Dans le mot-clé du poéme soit le public de l'époque, sóit le lecteur d'aujourd'hui découvrent aisément l'élément du port qui lance toute une série d'associations intérieures. Information toute supplémentaire : n'oublions pas qu'á l'époque la navigation maritime signifiait cabotage du littoral. Pour les navires, contre les tempétes de la mer, les seuls refuges, c'étaient les ports.