Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)
PALLAI MÁRIA: La métamorphose dans le théátre baroque et le théátre de l'absurde
Les chansons d'amour de Guiraut Riquier — a qui ? 151 Guiraut arrive sans doute á une sorté de « divinisation » de la dame : « Quar per s'amor crey cert que totz bes venha. » 48) Tout le poéme peut étre done interprété comme prise de position contre le passé (caractérisé par la fol'amor ) et pour le présent (caractérisé par la fin'amor). Car il n'y a que trois lignes qui nous rappellent le passé ; le reste, e'est-a-dire, quar ante-sept lignes traite du présent, l'amour envers la Dame exceptionnelle. Qu'elle posséde de cette qualité, cela devient clair mérne par l'atmosphére des premiéres strophes. Le personnage du troubadour est tellement sous-évalué que l'on suppose que la Dame doit étre quelqu'un de vraiment extraordinaire. L'essentiel de la premiere strophe est la présentation de l'insuffisance personnelle, du fait d'etre indigne de La 4 louer, mais la description du futur espéré montre bien le talent r affin é de Guiraut Riquier, « Quar per s'amor esper en pretz montar Et en honor et en gran manentia Et en gran gauch ; » 9—11a) car l'extrait ci-dessus contient les notions les plus importantes du fin'amor et de la poésie chevaleresque. Pretz, honor, manentia, gauch — prix, honneur, gloire et joie : justement tout ce qui était essentiel pour les troubadourschevaliers. Guiraut les choisit et les regroupe d'une facon vraiment subtile, car les quatre noms possédent au moins deux sens, done tous les goüts, toutes les tendances 5 et tous les prédécesseurs 6 retrouvent leur idéal parmi eux. L'obligation de l'amour est aussi mentionnée un peu plus haut : « doncx en als non deuría Mos pessmens ni mos dezirs estar ; » IIb— 12) Mérne si peut-étre n'est-ce pas tout á fait clair á premiére vue, cette deuxiéme énumération, si petite soit-elle, souligne l'exclusivité de cette sorte d'amour : bien qu'il soit possible de retrouver ailleurs quelque chose comme l'amour, en réalité, selon l'enseignement de la fin'amor, pour lui ce serait 4 Pour faire allusion ä l'orthographe du poéme, qui met Dona (« Don'amar », 4), je mets un L majuscule. Le probléme est tout pareil au titre de toute la chanson, done, c'est celle ä la Vierge vraiment, ou bien ce n'est qu'une tradition, disons, pieuse. On peut penser soit ä la distinction entre l'amour chevaleresque et l'amour courtois, soit k celle entre trobar pla et trobar ric. 6 II est probable que parmi les troubadours contemporains et mérne pour le public, la notion du joy (ici : gauch) était bien connue, justement grace ä l'activité poétique de Bernart de Ventadorn, le plus grand personnage de la premiére génération des troubadours.