Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)
PALLAI MÁRIA: La métamorphose dans le théátre baroque et le théátre de l'absurde
152 Majorossy Imre Gábor beaucoup mieux si tout ce qui appartient au sens et aux emotions ne deuría pas étre ailleurs. Car l'amour contient tout : pessmens et dezir , sens et coeur. La troisiéme strophe renforce encore le caractére spécial, divin de la Dame, et en mérne temps, eile est composée de quelques tournures bien traditionnelles de la poésie amoureuse. Bien que l'attribution totale et beaucoup plus claire ne figure que dans la septiéme strophe, la, on retrouve line allusion de deux lignes qui, aprés une analyse bien profonde, se montre sans doute comme préparation, introduction pour le sommet du poéme. « Pus ylh me vol, si-m vuelh, qu'ieu no poiria Entendr'en leys, si de Heys no-m venia ; » 18—19) II s'agit done de l'amour du troubadour dont la condition est l'amour de la Dame. Ce rapport des amours, le fait que l'un (le divin) est la condition de l'autre (l'humain) peut étre connu de quelque part. Notamment, c'est justement le cas des amours en parentheses. Selon la doctrine et la tradition chrétiennes, l'amour de l'homme n'est qu'un don de Dieu, la conséquence de l'amour de Dieu. 7 Etánt donné que les auteurs contemporains, et parmi eux Guiraut Riquier aussi, connurent sans doute bien la Bible, surtout le Nouveau Testament, — mais en mérne temps c'était la traduction Vulgate de Saint Jérőme qui fut largement répandue —, l'idée sur l'initiative de Dieu dans le domaine de l'amour était beaucoup plus connue et présente qu'elle ne l'est aujourd'hui. 8 La primauté de l'amour divin est renforcée par un autre élément surnaturel : par la grace ; et encore par un cliche amoureux notamment, par l'échange des cceurs : « Doncx per s'amor dey ben la mia dar ; Les preuves textuelles se trouvent dans la premiere építre de Saint Jean : « Nous, nous aimons, parce que lui, le premier, nous a aimés. » (lJn 4,19) ; et plus avant : « Voici ce qu'est l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, c'est lui qui nous a aimés. . . » (lJn 4,10a — textes cités selon la Traduction (Ecuménique de la Bible). Le probléme, c'est qu'au Moyen Age, l'accent était plus fort sur la primauté de Dieu quant ä l'amour. Car le texte de la traduction Vulgate mit pour le deuxiéme cas aussi prior : « In hoc est Charitas : non quasi nos dilexerimus Deum, sed quoniam ipse prior dilexit nos,. . . » — qui fut omis dans les traductions ultérieures et officielles, rédigées d'aprés le Concile de Trente (1545—1563 ; version « Sixto-Clémentine »). Ne pas á oublier d'une part le fait qu'on est beaucoup plus avant les premieres traductions de la Bible en langues maternelles (ce n'est qu'en 1523 oil la traduction du Nouveau Testament en frangais parut par Lefévre d'Etaples) — d'autre part le fait que la vaste majorité de la population ne sait pas lire. . . La connaissance de la Bible n'était. possible que par les images dans les églises (« Biblia pauperum ») et par les lectures á haute voix.