Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)
PALLAI MÁRIA: La métamorphose dans le théátre baroque et le théátre de l'absurde
La. inétamorphose dans le theatre baroque et le theatre de l'absurde 147 croire Corneille lui-méme (Examen ) — eile « semble s'élever un peu trop au-dessus du caractére de servante », 3 1 eile sort du rőle de personnage secondaire pour devenir utie íigure-clé de l'intrigue. De mérne, Clindor, ä part les changements de métier et de nom, passe par des transformations du mérne genre : dans la scene 5 de l'acte II, il declare son amour pour Isabelle mais, chose étonnante et peu sympathique, lors la scene 5 de l'acte III, il jouera au grand seigneur aventurier et cynique. En faisant la cour á Lise, il rendra douteuses la vérité et la constance de ses sentiments. 3 2 La scene de prison (scene 7 de l'acte IV) cependant « réhabilite » Clindor et nous convainc de nouveau de sa sincérité et de sa fermeté. L'auteur nous montre les diíférents visages d'une mérne figure en la présentant sous divers aspects. C'est, en partié, dans la complexité de ses personnages, dans leur caractére changeant et comportant ainsi la possibilité de Involution dans telle ou telle direction, que reside la modernite et l'originalité de Corneille. Tout comme dans le cas des changements d'espace scénique, le texte d'Ionesco nous fournit un grand nombre d'informations en rapport avec les transformations de l'extérieur des personnages. II y en a qui ne servent, apparemment, qu'a susciter le rire ; 3 3 il y en a en revanche qui sont d'une portée plus grandé dans l'ensemble de Taction. De toute fagon, elles servent ä créer un monde oü tout est possible. On doit tenir compte par exemple les subites métamorphoses l'Oncle-DocteurBourreau, ce personnage ä triple visage qui change d'identité au besoin. La transformation de l'espace scénique en Heu de projection d'images intérieures implique la metamorphose des personnages : ils apparaissent effrayants, « assez transformés pour qu'on puisse s'étonner du changement mais tout de mérne reconnaissables. [...] Peut-étre pourront-ils avoir des masques représentant leur propre visage. . . », 3 4 indiquent les didascalies. L'utilisation des masques est un moyen de déguisement, de changement d'identité, un peu ambivalent, ä force d'etre explicite. Ici, on a affaire ä un cas de déguisement bizarre : les personnages sont déguisés en eux-mémes, ils sont á la fois identiques et non identiques avec eux-mémes. Ces jeux d'identité s'accompagnent de changements de comportement : les personnages transformés font des grimaces et des gestes excessifs, 31 • Corneille : L 'Illusion comique, éd. cit. p. 27. 32 « Vous partagez vous deux mes inclinations : / J'adore sa fortune et j'aime tes perfections. » (acte III sc. 5, v. 783 et 784) OQ « Le Petit Gargon tire les nappes de la Petite Fille qui apparait chauve » (Op. cit. p. 679.) : on apprend qu'elle est la petite cantatrice chauve. Changement d'aspect et découverte d'identité. 3 4 Ibid., p. 718—719.