Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

PALLAI MÁRIA: La métamorphose dans le théátre baroque et le théátre de l'absurde

144 Pallai Mária Métamorphose et quéte se trouvent étroitement liées l'une ä l'autre. Au premier abord, V Illusion comique est l'histoire d'un pere ä la recherche de son fils. Mais derriére les efforts de retrouver 1 'enfant chassé jadis de la maison paternelle, se cache peut-étre un autre probléme. Un pere sans fils n'est plus pere : pour Pridamant, retrouver Clindor, c'est retrouver son identité perdue, c'est se retrouver. Cela n'est possible que par l'intermédiaire de la magié : le lieu du premier niveau de fiction se métamorphose en un Heu magique, se peuple de « spectres pareils ä des corps animés » qui, « sous une illusion », 1 7 nous font voir la vie de Clindor. Une deuxiéme perspective s'ouvre avec l'histoire du ills chassé de chez son pere, qui doit gagner sa vie, se tirer d'affaire tout seul. Le trajet parcouru par le personnage est en effet une suite de changements de metier et de condition sociale, sinon de changements d'identité 1 8 ä partir d'un changement de nom. « D. a caché son nom en battant la campagne, / Et s'est fait de Clindor, le sieur de la Montagne », 1 9 apprend-on. Et, dans les éditions d'aprés, Corneille a cru utile de donner d'autres noms encore ä ses personnages dans l'acte V, méme si ces noms ne sont pas prononcés dans la piece. (Clindor en Théagéne , seigneur anglais.) De temps en temps, il change done de métier et de nom. A travers différentes aventures, dont une sorté d'« expérience de la mort » 2 0 y incluse, il finit par devenir comédien : il devient artiste. Tandis que Pridamant doit retrouver son identité perdue, CHndor doit trouver la sienne : dans cette perspective, la lente montée sur l'échelle sociale correspond ä l'ascension dans la voie de l'individualisation qui s'effectue par l'intermédiaire de métamorphoses successives. L'Illusion comique se présenterait ainsi comme une allégorie de l'aventure et de la condition humaines : « Clindor est le symbole de Thomme, écrit Georges Forestier. [. . .] Cet hőmmé, nous le suivons de sa naissance jusqu'ä sa mort — et sa résurrection [.. .] CHndor nait le jour oü il s'enfuit de chez son pere [. . .] L'acte IV est celui de l'expérience de la mort [.. .] Mort ä son ancien moi, il peut renaitre régénéré ä l'acte V : acteur inconscient sur le théátre du monde, il est devenu acteur conscient de l'étre sur le théátre des hommes. . . » 2 1 Quant au Piéton de l'air , son schéma dualiste est plus expHcitement Hé au symbohsme de la quéte spirituelle. 2 2 Bérenger, auteur de théátre, fatigué 1 7 Acte I sc. 2, v. 150 et 152. 18 Raconté par Aleandre, acte I sc. 3. 1 9 Ibid., v. 205-206. 20 La « fausse mort » de Clindor-Théagéne ä la fin de la 6 e scene de l'acte V. 2 1 Georges Forestier : Le Théátre dans le théátre sur la scéne frangaise du XVII e siécle, cité dans l'éd. cit. de L'Illusion comique, p. 204. 22 • ,, « Tous mes livres, toutes mes pieces sont un appel, l'expression d'une nostalgie, je

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