Az Eszterházy Károly Tanárképző Főiskola Tudományos Közleményei. 2003. Sectio Romanica. (Acta Academiae Paedagogicae Agriensis : Nova series ; Tom. 30)

SZEPESI VERONIKA: Le labyrinthe aventure physique, aventure mentale. Dans le labyrinthe d'Alain Robbe-Grillet comme réécriture d'un rnythe grecque

Le labyrinthe — aventure physique, aventure mentale 129 décor, la figure privilégiée, unique de Faction : « Cependant les carrefours se multiplient et les changements subits de direction et les retours en arriére. Et rinterminable mar che nocturne se poursuit. » (Minuit, 1959, p. 186) L'errance est ainsi obligee, parce que le monde lui-méme est labyrinthe. Le cercle labyrinthique se fait inévitablement l'écho du cercle infernal tel que Dante l'a congu dans La Divine Comédie. La ville du roman semble se résumer et s'annuler dans un pay sage identique : celui de ses rues qui se répétent ä l'infini. Tout contribue ä leur uniformité : la neige, l'obscurité, l'absence de noms, la méconnaissance des heux, la méfiance, la fiévre. Et lorsque le monotone défilé s'interrompt enfin, c'est pour laisser place ä un nouveau dédale symétrique — chambre, immeuble ou caserne — qui ne fait que répéter et prolonger sans fin le premier. 3 em e element const it ut if : Le Peril Par l'errance le héros égaré dans le labyrinthe commence déja un peu ä payer de ses souffrances pour sa faute. Mais un tribut plus lourd est exigé de lui. Le labyrinthe se présente comme autel sacrificiel, qui réclame l'onction du sang pour la splendeur de son rituel. Aréne circulaire, la mise en scéne qu'il bätit nécessite une mise ä mort : dans l'aventure le duel s'incarne le duel de Thésée et du Minotaure. La présence du monstre dessine la premiére des deux issues contradictoires du labyrinthe : la mort, l'échec. Monstre et labyrinthe, prisonnier et demeure : l'un suppose l'autre. Le monstre résume dans son caractére hybride et dans la complexité de l'espace qui l'encercle. II occupe ce point vacant et secret que l'imaginaire et le texte tentent sans fin de remplir : le centre du labyrinthe, elé de ses méandres, mot de l'énigme. Le Minotaure, comme présence ténébreuse qui hante les couloirs ä la recherche d'une victime, figure la part obscure de l'édifice qui la dissimule. II en est la justification et l'origine. La mort qu'il inflige constitue l'envers de l'envol victorieux de Dédale. La mort de l'un des deux adversaires constitue ordinairement le terme. Lorsque le personnage égaré dans le labyrinthe a épuisé les détours et les couloirs, il lui est impossible d'éluder la rencontre qui, rétrospectivement, va donner un sens ä son aventure : le face-ä-face avec le Minotaure qui entraine soit la mise ä mort du monstre soit celle du héros. La créature s 'efface désormais derriére la souffrance qu'elle inflige. L'errance dans le labyrinthe débouche sur l'expérience de la douleur, celle-ci culminant dans la mort. Le sóidat de Robbe-GriUet, miné par la maladie et la fiévre, finit par tomber sous les balles. Mais le péril physique n'est souvent la que pour signifier, par métaphore,

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